Nicaragua

De nouveaux affrontements meurtriers au Nicaragua

Les violences ont fait plus de 260 morts en trois mois de manifestations contre Daniel Ortega. La dirigeante d’un mouvement de la société civile a précisé, jeudi, que les manifestants ont été «attaqués par des paramilitaires»

Quatre policiers et un manifestant ont été tués jeudi lors de heurts à Morrito, dans le sud-est du Nicaragua, alors que des milliers d’opposants ont défilé jeudi à travers le pays pour exiger le départ du président Daniel Ortega, rapporte Vilma Nuñez, la présidente du Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh), sans fournir davantage de détails.

Selon des informations préliminaires, les incidents se sont produits lorsque des manifestants ont marché à proximité d’un commissariat de police. La dirigeante d’un mouvement de la société civile, Francisca Ramirez, a affirmé que les manifestants ont été «attaqués par des paramilitaires» et que certains d’entre eux, qui étaient armés, ont riposté par des tirs.

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La police n’a pas, pour l’instant, commenté ces incidents, mais auparavant, à plusieurs reprises, elle a accusé les manifestants anti-Ortega d’appartenir à des «gangs criminels» auteurs de meurtres, de vols et d’enlèvements.

Le départ d’Ortega réclamé

Morrito, une localité de 6000 habitants, se trouve dans une région agricole où généralement les paysans sont armés pour protéger leurs terres.

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Les manifestations au Nicaragua ont éclaté le 18 avril contre une réforme du système des retraites, abandonnée par le pouvoir, mais elles se sont poursuivies pour réclamer le départ du président Ortega, au pouvoir depuis 2007 et pour la troisième période consécutive. Ce dernier est accusé d’avoir instauré une dictature avec son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo. De son côté, Daniel Ortega a accusé les manifestants de fomenter un «coup d’Etat».

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