L’essentiel

Alain Berset a présenté ce mercredi après-midi les nouvelles décisions du gouvernement, qui consistent en un grand échéancier de trois phases. Aucun assouplissement, comme l'ouverture des restaurants ou la hausse de jauge des spectacles, n'est à attendre avant le 26 mai.

Ce mercredi, le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, se penche sur un renforcement contesté des pouvoirs de l’Etat fédéral.

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi.


■ Le Bundestag a voté la Lex Merkel

On boucle la boucle de la journée (voir le début de ce suivi): ce mercredi, les députés allemands ont adopté la loi renforçant les pouvoirs d'Angela Merkel pour durcir la lutte contre la pandémie.

Cette réforme de la loi sur la protection contre les infections, qui impose le déclenchement automatique de restrictions sévères au niveau national au-delà d'un certain seuil d'infections, a pu être avalisée grâce aux voix des conservateurs et des sociaux-démocrates, alliés au gouvernement et majoritaires au parlement.

Pour entrer en vigueur, elle devra encore passer jeudi devant le Bundesrat, la Chambre haute du Parlement où sont représentées les régions.

Pendant que les députés débattaient, environ 8000 personnes selon la police ont manifesté non loin du Reichstag, le bâtiment qui abrite le Bundestag, scandant «le lockdown ça suffit!» ou «Paix, liberté, et pas de dictature!». La situation a dégénéré quand la police a ordonné la dispersion du rassemblement car les manifestants ne portaient pas de masque de protection et ne respectaient pas la distanciation sociale.


■ 218 millions à fonds perdus à Genève

«Plus de 218 millions de francs d'aides à fonds perdus ont d’ores et déjà été versés aux entreprises genevoises depuis mars 2020», est-il écrit dans l'infolettre de la Direction générale genevoise du développement économique, de la recherche et de l'innovation.

Cette instance fournit un tableau récapitulatif des dons aux entreprises, où il apparaît que l'écrasante majorité, plus de 172 millions, relève des cas de rigueur.


■ En image: une manifestation à Rome

Sans conteste, ce sera l'un des sujets de débat croissant des prochains mois: jusqu'où ira-t-on dans l'exigence d'une preuve de vaccination pour participer à des activités ou obtenir une prestation?

A Berne, Alain Berset a présenté, encore sommairement, la piste du «certificat covid» qui est envisagé – le Conseil fédéral ne parle pas de passeport.

A Rome cet après-midi, une énième manifestation des anti-mesures covid mettait l'accent sur ce point.


■ Il y aura bien un «certificat covid»

Devant les médias (lire juste ci-dessous), Alain Berset parle d'un «certificat covid» que le gouvernement «espère mettre au point pour courant juin»: soit pour les vaccinées et vaccinés, soit pour les personnes testées négatives récemment. Un objectif ambitieux, relève le ministre, car il faudra pouvoir y inscrire à la fois les personnes vaccinées et les testées. L'outil ne référencera pas tout, tout de suite. Ce certificat comportera d’abord uniquement les preuves de vaccins. L’indication de tests viendra «quelques semaines plus tard».

S’agissant des grandes manifestations, comme des bars ou des discothèques, le gouvernement évoque le «certificat covid». «Lorsque la couverture vaccinale aura atteint environ 40 à 50%, il est prévu de mettre en place un accès sélectif pour les personnes vaccinées, testées ou guéries.»

«Un organisateur privé pourra demander un document pour l'accès à sa manifestation», précise Alain Berset, pour qui «la question pourra même se poser pour les cafés. Il faudra y réfléchir et définir dans quelle mesure il y a discrimination.» Le Conseil fédéral exclut toute exigence de vaccin pour les services publics.


■ Le Conseil fédéral dévoile son concept des «trois phases»

Les milieux sportifs et culturels devront patienter. Pour l’heure, le Conseil fédéral n’articule pas de date pour une future levée des restrictions, ou au moins une hausse des jauges – actuellement, 50 personnes par salle, au maximum du tiers de sa capacité.

Alain Berset commence, comme toujours par mettre en garde: s'il y a une nouvelle flambée, des refermetures sont évidentes, «aucune mesure ne sera exclue».

Dans son annonce du jour, le gouvernement décline «trois «phases» devant conduire à la levée des interdits.

1: La phase de protection. C'est l’actuelle. Elle durera «jusqu’à ce que toutes les personnes vulnérables qui le souhaitent aient été pleinement vaccinées, c’est-à-dire avec deux doses. Pour autant que la propension à se faire vacciner dans ce groupe atteigne 75%.» Cette période devrait d’achever à fin mai.

2: La phase de stabilisation. «Au cours de cette phase, l’ensemble de la population adulte aura accès à la vaccination. Si la propension à se faire vacciner atteint 60% au sein de la population (estimations basées sur des enquêtes), tous les adultes qui le souhaitent auront reçu au moins une première dose d’ici la fin du mois de juin.»

Cette tranche durerait jusqu’à fin juillet, où la vaccination des adultes serait complète. Pendant ces moments, note Alain Berset, «on peut s'attendre à une hausse des infections».

Aparté: d'éventuelles réouvertures. Durant cette période – attention, on arrive au vif du sujet –, «dès le 26 mai au plus tôt», l’exigence du télétravail pourrait être assouplie, et l’enseignement en présence élargi dans les hautes écoles.

Dans cette zone temporelle, de «nouveaux assouplissements seront également possibles dans le sport et les loisirs, le commerce de détail et – si la situation épidémiologique le permet – les restaurants (réouverture des espaces intérieurs).»

3: Et au final, la phase de normalisation. Celle-là durera… longtemps : «Même lorsque toutes les personnes qui le désirent auront été vaccinées, le virus continuera à circuler. On peut partir du principe qu’à long terme, les personnes non vaccinées et non guéries s’infecteront.»


■ Les étudiants lausannois demandent la non-prise en compte d'un échec

En vue des prochains examens, la Fédération des associations d'étudiant·e·s de l'Université de Lausanne (FAE) demande notamment qu'un échec ne soit, cette fois encore, pas prise en compte. La direction (rectorat) de l'institution ne va pas dans ce sens.

La FAE publie une liste de doléances pour les examens du printemps 2021. Elle rappelle «que de nombreux·ses étudiant·e·s n’ont pas eu accès à un environnement qui leur a permis d’avoir les chances d’apprendre la matière enseignée», et que «la capacité d’adaptation des étudiant·e·s d’aujourd’hui à un contexte de crise qui touche tous les domaines de leur vie, ne peut être qu’une plus-value pour leur diplôme et un atout pour les futurs employeur·e·s qui les engageront».

La FAE reprend par ailleurs une demande de la faîtière nationale, l'UNES, pour que les universités ou leurs tutelles ajoutent une année légale à la durée des cursus marqués par la pandémie.


■ 2686 nouveaux cas

La petite accalmie observée ces jours – grosso modo, dans les 2200 nouveaux cas depuis jeudi – a fait long feu. La Suisse compte ce mercredi 2686 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, indique l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore huit décès supplémentaires et 127 malades ont été hospitalisés.

  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 29 859 tests ont été transmis;
  • Le taux de positivité s'élève à 9,00%;
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d'infections est de 28 681, soit 331,77 nouvelles infections pour 100 000 habitants;
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 1,10;
  • Les patients Covid-19 occupent 26,20% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d'occupation est de 74,50%.

■ La justice vaudoise a pu limiter l’impact de la pandémie

Environ 3500 audiences ont été annulées l’an dernier devant les tribunaux et justices de paix du canton de Vaud en raison du coronavirus. La plupart ont toutefois pu être refixées avant la fin 2020, montre le bilan annuel de l’Ordre judiciaire vaudois (OJV).

Sur les quelque 3200 audiences annulées durant la première vague du printemps 2020, 94% ont pu se tenir plus tard dans l’année. Lors de la deuxième vague de l’automne, ce sont 290 audiences qui sont tombées à l’eau, dont 45% ont pu être reprogrammées.

L’OJV rappelle que, même au plus fort de la crise, les audiences prioritaires ont été maintenues, que cela soit pour respecter un délai légal ou pour régler des affaires urgentes (audiences avec détenus, placements à des fins d’assistance, violences domestiques).


■ La Poste est candidate pour le futur passeport vaccinal

La Poste a soumis avec un partenaire une proposition à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour développer un certificat de vaccination Covid-19. L’entreprise confirme à l’agence ATS une information du Tages-Anzeiger.

Selon la Poste, d’autres prestataires ont également déposé leur candidature. Aucune information supplémentaire n’est connue à ce stade.


■ Le Valais assouplit les critères de vaccination

Le Conseil d’Etat valaisan annonce une décision un peu originale dans le paysage national: il ouvre la vaccination à plusieurs catégories professionnelles, indépendamment de l’âge.

Actuellement, le canton est basé sur le seuil des plus de 65 ans, ainsi que les personnels de la santé. Désormais, il offre le vaccin aussi «aux personnes de tout âge ayant une maladie chronique, aux personnes travaillant en institution et à celles en contact étroit avec des personnes vulnérables (proches aidants)». L’inscription se fait ici.

Le gouvernement signale au demeurant que la vaccination pour les personnes âgées de 75 ans et plus et les personnes avec maladie chronique à haut risque «touche à sa fin».


■ Un vote crucial pour Angela Merkel

Les députés allemands votent mercredi une loi qui renforce les pouvoirs d’Angela Merkel pour durcir la lutte contre la troisième vague de la pandémie.

Le Bundestag devrait adopter cette réforme de la loi sur la protection contre les infections, défendue par la coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, qui disposent d’une majorité à la chambre basse du parlement, relate l’agence AFP.

Des tensions avec les Länder. Il s’agit d’imposer un verrouillage sévère de la vie publique, prévu dans un premier temps jusqu’au 30 juin, dès que le taux d’incidence, qui mesure les infections sur une semaine, est supérieur à 100 pendant trois jours.

Le déclenchement automatique de ce «frein d’urgence» doit mettre un terme aux tensions avec les Länder, qui jusqu’ici ont aménagé voire ignoré des mesures strictes pourtant décidées avec leur aval.

Un sujet sensible à l’Est. La mise en place de couvre-feux au niveau national réveille de mauvais souvenirs dans l’ex-RDA communiste. Le ministre de l’Intérieur social-démocrate de Thüringe Georg Maier s’est ainsi opposé «avec véhémence» à ce que son contrôle soit confié à la police. «Ici en Allemagne de l’est, (le sujet) est très sensible», a-t-il déclaré. Les Libéraux du FDP rejettent farouchement le couvre-feu, car il est selon eux «contraire à la constitution».

Une population divisée. Si une large majorité est favorable à un net durcissement des mesures, notamment les réductions de contacts privés, fermetures de magasins non essentiels et recours accru au télétravail, seuls 51% approuvent un couvre-feu national, selon un récent sondage de la télévision publique ZDF.


■ En Inde, la deuxième vague «comme un ouragan»

«La situation était sous contrôle il y a quelques semaines encore et la deuxième vague est arrivée comme un ouragan», a déclaré le premier ministre Narendra Modi à la télévision, pour une première intervention depuis la recrudescence des contaminations. L’Inde a enregistré plus de 2000 décès dus au Covid-19 et près de 300 000 nouvelles contaminations en 24 heures, soit l’un des bilans quotidiens les plus élevés au monde depuis le début de la pandémie.

Notre article: Une vague brutale de Covid-19 déferle sur l’Inde


■ Valneva boudé par l’UE

Faute d’accord avec l’Union européenne, le laboratoire franco-autrichien Valneva a indiqué mercredi se tourner vers des discussions pays par pays pour fournir son candidat-vaccin contre le Covid-19.

Estimant que les discussions avec l’UE n’ont pas fait de «progrès significatif» à ce jour, Valneva – qui a annoncé début avril des résultats initiaux positifs pour la première phase de son étude clinique sur son vaccin potentiel –, indique qu’en conséquence, elle ne donnera plus «la priorité aux discussions de fourniture centralisée actuellement en cours avec la Commission Européenne».