L'essentiel

Au château de Windsor, ce mardi, la reine d'Angleterre fête ses 94 ans sans canons ni repas de famille.

C'est une première historique: lundi soir, le pétrole américain a plongé dans des prix négatifs. Les vendeurs devaient payer pour se débarrasser de leurs stocks.

Notre revue de presse:  Ce 20 avril 2020, quand un baril de pétrole coûtait moins cher qu’une bouteille d’eau

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■ Les bourses terminent en repli 

La Bourse de Paris a terminé nettement dans le rouge (-3,77%), lestée par l'effondrement inédit des cours du pétrole, en particulier la référence américaine de brut, qui est passée un temps en territoire négatif.

L'indice CAC 40 a perdu 170,84 points à 4.357,46 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,2 milliards d'euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,65%.

La Bourse de Francfort a aussi fini en forte baisse, le Dax perdant 3,99%. L'indice vedette a perdu 426,05 points pour atteindre 10.249,85 points, tandis que le MDax des valeurs moyenne a chuté de 2,28% à 21.948,25 points.

Idem pour la Bourse de Londres qui a terminé en baisse de 2,96%. A la clôture, l'indice FTSE-100 a perdu 171,80 points à 5.641,03 points. «Les prix du pétrole sont en tête des préoccupations des investisseurs, avec le Brent au plus bas en 18 ans», souligne Joshua Mahony, analyste chez IG. «Le FTSE-100 a été très touché», puisqu'il abrite en son sein des poids lourds comme BP et Royal Dutch Sell, selon lui.


■ L'appli suisse pour retracer les contacts bientôt finalisée

L'application suisse qui retrace les chaînes d'infections au Covid-19 et qui doit permettre de maîtriser la pandémie doit être prête d'ici au 11 mai. DP-3T doit avertir ses utilisateurs lorsqu'ils sont en contact avec des personnes infectées.

DP-3T, pour Decentralized Privacy-Preserving Proximity Tracing, est un projet d'un collectif international auquel ont participé des chercheurs de l'EPFL et de l'EPFZ. Une version test a été publiée la semaine dernière, indiquent mardi les deux écoles polytechniques dans un communiqué. Mais le développement se poursuit. L'armée a participé aux premiers essais d'utilisation.

Lire aussi: L’EPFL se distancie du projet européen de traçage du virus via les téléphones

Les utilisateurs avertis de contact peuvent ainsi s'isoler ou se faire tester. L'interruption des chaînes de transmission doit contribuer à freiner l'épidémie jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible sur le marché. L'appli doit être téléchargée sur base volontaire, selon les informations actuelles des autorités suisses.


■ Au Danemark, pas de rassemblements de plus de 500 personnes jusqu'à la fin de l'été

Le Danemark, qui lève progressivement les restrictions liées à la lutte contre le nouveau coronavirus, a annoncé qu'il n'autoriserait aucun rassemblement de plus de 500 personnes avant le 1er septembre. La mise en place de ce plafond fait suite à l'interdiction début avril par la cheffe du gouvernement Mette Frederiksen d'organiser des grands événements pendant l'été.

Le royaume scandinave, relativement épargné par l'épidémie de coronavirus avec 7891 cas déclarés et 370 décès depuis fin février, avait le 12 mars pris des mesures restrictives (fermeture des écoles puis des lieux publics notamment) qu'il lève peu à peu, avec circonspection.

Après les écoles et les crèches le 15 avril, des petites entreprises tels les salons de coiffure et de tatouage mais aussi les dentistes, ont rouvert lundi. Les collèges, lycées, restaurants et bars devraient rouvrir le 11 mai. Pour les autorités, la pierre angulaire de ce retour à une normalité encadrée est le respect draconien des consignes sanitaires, notamment les distances et les règles d'hygiène.


■ Premières poussées de colère anti-confinement à travers le monde

Des Etats-Unis au Brésil en passant par la Russie et la Tunisie, des manifestations, extrêmement minoritaires, éclatent contre le confinement à travers le monde, où 4,5 milliards d'humains sont appelés à rester chez eux pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Depuis une semaine, des manifestations hostiles aux mesures de confinement imposées par certains Etats sont survenues aux Etats-Unis, du New Hampshire à la Californie, en passant par la Virginie, le Texas, le Maryland ou la Pennsylvanie. Parmi les manifestants, des hommes encagoulés et armés, opposés aux consignes de distanciation sociale.

La plus importante, à ce jour, s'est déroulée le 15 avril, à Lansing, la capitale du Michigan, où quelque 3 000 personnes sont descendues dans la rue.

Jugeant que certains gouverneurs étaient allés «trop loin» dans les restrictions, le président Donald Trump a encouragé les frondeurs en appelant à «libérer» du confinement trois Etats gérés par les Démocrates: Michigan, Minnesota et Virginie.


■ Dans le Dakota du Sud, ces américains qui vivent «normalement»

Très peu densément peuplé, le Dakota du Sud a longtemps regardé de loin le coronavirus se propager dans les grandes villes américaines. Il abrite désormais le plus gros foyer d'infection des Etats-Unis sur un site unique, mais la gouverneure refuse toujours de confiner ses habitants.

Une équipe de l'AFP en sillonne cette semaine les paysages ruraux pour prendre le pouls des rares Américains à vivre encore presque normalement.

A Sioux Falls, sa plus grande ville, avec un peu moins de 200 000 habitants, les rideaux de nombreux petits commerces étaient levés mardi comme si la pandémie s'était opportunément arrêtée aux frontières de cet Etat du Midwest.

La plupart des bars sont fermés et les restaurants ne vendent plus qu'à emporter, mais les coiffeurs coiffent, les fleuristes fleurissent, les tatoueurs tatouent et les sportifs continuent de suer, en plus petits groupes, dans les salles de gym.


■ En Allemagne: des masques obligatoires dans les transports 

La capitale allemande Berlin va imposer à partir du 27 avril les masques dans les transports en commun face à l'épidémie, rejoignant une majorité d'Etats régionaux du pays, a annoncé le maire Michael Müller.

Le port de ce masque sera «obligatoire» car dans les transports «il n'est pas possible de garantir une distance de plusieurs mètres entre chaque personne», a-t-il justifié. Au total dix Etats sur seize ont annoncé de telles obligations pour limiter la propagation du virus.


■ L'Argovie exige la réouverture de tous les commerces lundi prochain

Dans une lettre ouverte adressée au Conseil fédéral, le gouvernement argovien estime le calendrier du semi-déconfinement injuste pour les commerces de moyenne et petite tailles. Ce dernier a rapidement donné suite à une demande des partis bourgeois (UDC, PLR et PDC) du cantons et d'organisations économiques cantonale, déposée vendredi dernier.

Il soutient leurs revendications et souhaite la réouverture de tous les commerces le 27 avril, contrairement à ce qu'a annoncé jeudi le Conseil fédéral. Dans sa lettre, le conseil d'Etat argovien  demande au Conseil fédéral de reconsidérer sa décision. Il qualifie d'«incompréhensible» le fait de ne rouvrir tous les commerces que le 11 mai, alors que les grands distributeurs verront une partie des restrictions levées dès lundi prochain. Cette décision mène à une «distorsion de la concurrence» durant deux semaines, déplore-t-il.


■ Trois instantanés dans le monde

Des enfants atteints du virus sortent de la section de quarantaine de l'hôpital de Najaf, en Iraq, ce mardi 21 avril.

A Pullach, en Allemagne, installation d'une plaque de plexiglas dans un magasin qui s'apprête à rouvrir.

Un gymnase réaménagé en cantine dans le lycée de Changjun Xiangfu, à Changsha, province du Hunan.


■ Une sombre prévision sur l'emploi en Europe

Près d'un quart des travailleurs européens pourraient voir leur emploi affecté par le confinement imposé dans la plupart des pays européens, entre baisse des salaires et licenciements, selon une étude du cabinet McKinsey publiée ce mardi.

La pandémie de nouveau coronavirus pourrait «presque doubler le taux de chômage européen dans les prochains mois», estime le cabinet de conseil américain.

Le McKinsey Global Institute (MGI), qui a conduit l'étude, a modélisé deux scénarios. Dans un cas, le plus optimiste, le virus est contrôlé en deux ou trois mois d'économie à l'arrêt, ce qui limiterait la hausse du taux de chômage jusqu'à 7,6% en 2020, avant de retrouver un niveau d'avant crise (6,3% en novembre 2019 dans l'Europe à 28, sur laquelle porte l'étude de McKinsey) en fin d'année 2021.

Le scénario noir fait l'hypothèse de l'échec à limiter le virus et de la poursuite des mesures de distanciation sociale et de confinement pendant l'été, «ce qui aggraverait l'impact» économique et pourrait faire grimper le taux de chômage au sein des 28 jusqu'à 11,2% en 2021, sans certitude de retrouver le niveau de 2019 avant 2024.


■ L'Université de Fribourg ne rouvrira pas

Les décisions des université quant à le suite du semestre commencent à tomber. La semaine passée, l'EPFL annonçait qu'elle ne rouvrira pas. Elle a chamboulé son calendrier pour prévoir des examens en pleine été.

Ce mardi, l'Université de Fribourg confirme elle aussi que les étudiants ne retrouveront pas les auditoires d'ici à septembre. Le téléenseignement se poursuivra.

Concernant les examens, le rectorat note que les précisions seront fournies aux étudiants d'ici à la fin du mois. Il écrit que «tou·te·s les étudiant·e·s pourront passer leurs examens et la période habituelle de mai/juin est en principe maintenue. Les facultés tiendront compte des conditions plus difficiles de préparation des épreuves. Elles pourront également prévoir des solutions alternatives dans des cas individuels.»


■ Encore une baisse des nouveaux cas en Suisse

Le nombre de nouveaux cas de coronavirus en Suisse a augmenté de 119 en un jour, soit 85 de moins que la veille. Au total, le pays compte 28 063 cas confirmés depuis le début de l'épidémie de Covid-19, indique l'Office fédéral de la santé publique.

S'il faut rester prudent, la baisse du nombre de nouveaux cas impressionne. De 1300 au plus fort de la crise, on est passé à un certain type de de plateau autour de 500-600 pendant plusieurs jours.

Voir par exemple il y a juste deux semaines: l'OFSP annonçait alors 590 nouveaux cas.


■ Le comptage à mi-journée

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 170 000 morts dans le monde, dont près des deux tiers en Europe, selon le bilan de l'agence AFP.

Au total, 170 266 décès ont été recensés dans le monde (pour 2 483 086 cas), dont 106 737 en Europe (1 215 424 cas), continent le plus touché. Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (42 364), devant l'Italie (24 114), l'Espagne (21 282), la France (20 265) et le Royaume-Uni (16 509).


■ A Genève, l'année scolaire est close, sauf exceptions

Le gouvernement genevois a communiqué les principes de validation de l'année scolaire pour le primaire, le cycle et le secondaire II (le lycée ou formation professionnelle).

L'ensemble repose sur un principe pour les trois niveaux: entrent en ligne de compte pour l'année les résultats obtenus en classe, c'est à dire jusqu'au 13 mars.

Primaire. Les deux premiers trimestres sont comptés. La direction peut faire des dérogations selon les disposions existantes.

Cycle. Au cycle, les deux premiers trimestres sont retenus. S'il y a eu changement de section, seul le premier trimestre est considéré.

Secondaire II. Au lycée ou équivalent en formation professionnelle, le premier semestre compte. Avec une nuance favorable: ces résultats «peuvent être complétés par les résultats des évaluations qui auront eu lieu jusqu'au 13 mars, mais uniquement si ces derniers sont favorables aux élèves, apprentis et étudiants».

La marge des directions. Le Département précise que «les décisions seront prises par les directions d'établissement à l'issue de l'année scolaire pour les élèves non promus, mais dont le pronostic de réussite l'année suivante est favorable».

Concernant les semaines de télé-enseignement, il est stipulé que «l'assiduité des élèves durant l'enseignement à distance et après la reprise de l'enseignement en classe pourra également être prise en compte pour l'octroi d'une dérogation» – c'est à dire une promotion même si les résultats d'avant le 13 mars étaient plutôt défavorables.


■ Un instantané: les coups de canons qui n'auront pas lieu ce mardi

Ce mardi 21 avril, la reine Elizabeth II fête son 94e anniversaire. Sans le célébrer: elle a demandé à ce que les traditionnels coups de canons ne soient pas tirés, et le repas familial n'aura pas lieu.

Gala indique que le duc d'Edimbourg, son époux de 98 ans, lui fait un cadeau pratique: ses deux pages. La gazette écrit que le personnel de la reine, «qui lui permet de rester informée sur tout ce qui se passe en dehors du Palais et avec qui elle a tissé des liens d’amitié, a en effet été réduit à son strict essentiel pour limiter les risques de contagion du Covid-19. Son page, Paul Whybrew, soixante-et-un ans, son plus ancien employé qui lui apporte entre autre son courrier, a été mis en quarantaine ainsi que la jeune femme qui promenait ses dorgis, tous les deux ayant été contaminés par le coronavirus.»


■ L'urgence peut favoriser la corruption, s'inquiète le Greco

Le Groupe d'États contre la Corruption (Greco) du Conseil de l'Europe, qui publie des directives pour ses 50 Etats membres – dont la Suisse –, met en garde ce mardi contre les risques de corruption accrus générés par l'épidémie de Covid-19 dans le secteur de la santé. Il appelle les Etats à un maximum de transparence.

Le président du Greco, le Croate Marin Mrcela, souligne que la conjonction d'une situation d'urgence, d'une concentration du pouvoir, de dérogations en matière de droits et de libertés et de l'injection de sommes considérables dans l'économie pour atténuer la crise constituent un cocktail à risque pour la corruption.

Les pratiques de corruption peuvent toucher les secteurs public et privé et prendre différentes formes: pots-de-vin dans les services connexes au secteur médical, conflits d'intérêt et rôle du lobbying dans la recherche et développement de nouveaux produits, commercialisation de produits médicaux de contrefaçon...

Sur ce dernier point, les radios de Radio France signalent ce matin qu'avec l'arrivée de masques, les hôpitaux et intermédiaires ont parfois de mauvaises surprises: «Récemment, plusieurs pays européens, notamment la Belgique, les Pays-Bas ou la Finlande ont eu la désagréable surprise de recevoir des cargaisons de masques inutilisables dans des conditions de sécurité satisfaisantes. En France, plusieurs acteurs du marché ont confirmé à la cellule investigation de Radio France que des entreprises ont connu pareille mésaventure: «Un client est venu vers nous pour voir si nous pouvions lui trouver des masques fiables», explique-t-on chez Sourcing Force, une société lyonnaise spécialisée dans la recherche de fournisseurs chinois. «Sur la cargaison qu’il venait de recevoir, un quart était conforme, mais le reste était de très mauvaise qualité.»»


■ La Fête de la bière tombe à l'eau

Même si elle est planifiée au-delà de la date limite d'interdiction des grands rassemblement en Allemagne (fin août), la Fête de la bière de Munich – 19 septembre au 4 octobre – est annulée, annoncent ce mardi les autorités bavaroises.

La municipalité de Munich et la région de Bavière sont tombées «d'accord pour juger que les risques étaient tout simplement trop élevés» avec plus de 6 millions de visiteurs attendus, dont un tiers venant de l'étranger et d'Asie en particulier, a indiqué le chef du gouvernement de l'Etat régional de Bavière Markus Söder.

Le maire de Munich Dieter Reiter a parlé lui d'«une triste journée» et d'«une pilule amère» avec un manque à gagner important pour la capitale bavaroise puisque la Fête de la bière génère habituellement 1,2 milliard d'euros de retombées.

Des hôtels aux restaurants en passant par les chauffeurs de taxi, tout le monde va avoir moins d'argent dans son porte-monnaie

Dieter Reiter, maire de Munich

■ Une entreprise française reprend l'activité

Ce mardi, l'activité a repris dans la seule usine française du constructeur japonais Toyota mais la production sera drastiquement réduite, a confirmé le patron du site, proche de Valenciennes.

«C'est la reprise du travail, certes, aujourd'hui, mais pas encore la reprise de la production», a détaillé Luciano Biondo, président de l'usine d'Onnaing. «On espère faire des voitures jeudi.»

Interrogé sur la nature volontaire de la présence des salariés, Luciano Biondo s'est abstenu de la confirmer, assurant plutôt qu'ils étaient «disponibles». «Ce sont les gens qui n'ont pas de contraintes de santé (ou) des contraintes personnelles avec des enfants, donc c'est-à-dire 85% des employés», a-t-il expliqué.

Un syndicat, la CGT, s'est prononcé contre la reprise, parlant d'un «risque aux salariés et à toute la population», mais d'autres, comme la CFDT, soutiennent la décision.


■ Un instantané: en Birmanie

Les désinfections massives dans les rues se poursuivent dans certains pays asiatiques. Ici, diffusion de produit vers la pagode Sule, à Rangoun, ce mardi 21 avril 2020.


■ La pandémie est la pire dans l'histoire de la France

20 265 personnes sont mortes en France depuis le début de l'épidémie le 1er mars, 547 nouveaux décès enregistrés depuis dimanche.

Ce soir, notre pays franchit un cap symbolique et particulièrement douloureux

a déclaré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

La pandémie a tué «davantage en France que toutes les épidémies saisonnières de grippe, même les plus sévères, mêmes les plus longues», et «davantage que la canicule de l'été 2003» qui avait fait 19 000 morts.