Dans l’Atlantique sud, à quelque 1100 km des côtes brésiliennes, la collecte macabre des corps des passagers du vol AF 447 se poursuit. L’armée brésilienne a annoncé avoir retirés seize corps de l’océan 8et non 17 comme annoncé ce matin), dont quatorze dans la seule journée de dimanche. Par ailleurs, des dizaines de composants structurels de l’Airbus A330 ont été récupérés. L’avion d’Air France, qui avait 228 personnes à bord, s’est abîmé en mer il y a une semaine. Les causes de l’accident restent pour l’heure inexpliquées, même si des informations convergentes mettent de plus en plus en cause les systèmes de mesure de la vitesse des Airbus A330.

Après cinq jours de vaines recherches dans l’Atlantique, l’équipe internationale sur place obtient ainsi les premiers résulats concrets de ses recherches. Les premiers débris recueillis en mer la semaine dernière par l’armée brésilienne n’étaient en fait que des déchêts charriés par les courants. Mais samedi à la mi-journée, deux corps de sexe masculin ont été récupérés. Des sièges portant le logo d’Air France, des masques à oxygène, une serviette contenant un billet d’Air France, un sac à dos contenant un certificat de vaccinantion et un ordinateur portable, ainsi que des centaines d’autres objets ont alors commencé à être récupérés.

La plupart des corps et des débris ont été recueillis en un lieu situé à environ 1.150 km de la ville de Recife, sur la côte nord-est du Brésil. Les corps n’arriveront que mardi sur l’archipel de Fernando de Noronha, où ils seront examinés par une équipe de huit experts de la police, et non lundi comme initialement prévu. De Fernando de Noronha, les corps seront ensuite transportés en avion à l’Institut medico-legal de Recife, où une morgue a été installée.

Au total, 14 avions, dont deux français et six navires étaient mobilisés dimanche. Les cinq navires de la Marine brésilienne ont reçu le renfort de la frégate française «Ventôse», en attendant le sous-marin nucléaire français Emeraude attendu mercredi sur la zone.

Si les recherches sur le terrain progressaient, l’enquête menée par les experts français semblait elle aussi avancer. A Paris, le secrétaire d’Etat français des Transports Dominique Bussereau a réitéré que «pour l’instant, on ne peut vraiment privilégier aucune hypothèse». Mais il a détaillé l’enchaînement de circonstances techniques ayant pu provoquer la catastrophe. Si les capteurs de vitesse gèlent au moment où l’avion traverse «une zone très humide, une zone très dépressionnaire, une zone de turbulences», ils n’indiquent plus la vitesse, a-t-il dit.

Cela peut provoquer «une sous-vitesse, qui peut entraîner un décrochage, ou une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l’avion», a expliqué le secrétaire d’Etat. Air France a fait savoir samedi qu’elle avait accéléré depuis le 27 avril son programme de remplacement de sondes anémométriques (Pitot) sur ses avions A330 et A340 et a révélé que, depuis mai 2008, «des incidents de pertes d’information anémométrique en vol en croisière» sur des A340 et des A330 avaient été constatés.