Les images vidéo des caméras de sécurité du Sofitel de New York diffusées jeudi relancent une série d’interrogations sur la journée du 14 mai, date de la chute de Dominique Strauss-Kahn. Un autre élément révélé, vendredi 9 décembre, par le quotidien Libération (article abonnés) soulève des interrogations supplémentaires.

Le lendemain de l’interpellation de DSK, dimanche 15 mai, un accord aurait été conclu entre ses avocats, William Taylor et Benjamin Brafman, et le bureau du procureur Cyrus Vance Jr. Il prévoyait une libération de l’ex-dirigeant du FMI pour une somme de 250’000 dollars, soit 187’400 euros, précise le quotidien.

«Une affaire de prostitution dans le nord de la France»

Sauf que cet accord ne sera jamais effectif puisque le procureur change subitement d’avis «en fin de soirée sans en donner la raison». Il décide de s’opposer à la remise en liberté de M. Strauss-Kahn devant la Cour criminelle de Manhattan. Il est 20 heures. L’accord, lui, a été passé peu avant 16 heures, croit savoir Libération. Pourquoi ce revirement ? Le journaliste fait état «de deux coups de téléphone «français» passés dans l’après-midi du 15 mai à John «Artie» McConnell», l’un des adjoints du procureur chargé de l’affaire. Ces deux mystérieux appels auraient été passés par deux fonctionnaires. L’un travaillant pour le Ministère des affaires étrangères et l’autre pour le Ministère de la justice.

John McConnell aurait alors été renseigné sur deux affaires françaises impliquant supposément DSK : l’affaire Tristane Banon ainsi qu’une «affaire de prostitution dans le nord de la France», «un dossier pourtant couvert par le secret de l’instruction», précise Libération. Le 16 mai, John McConnell jusitife l’incarcération de DSK devant la juge Melissa Jackson par le fait d’avoir «reçu des informations selon lesquelles [DSK] avait une conduite similaire à celle qui lui est reprochée par la plaignante à au moins une autre occasion».

La thèse du complot renforcée

Pour le moment, le bureau du procureur Cyrus Vance Jr n’a pas communiqué et les deux fonctionnaires français démentent avoir pris leur téléphone pour appeler outre-Atlantique. Mais ce nouvel élément, s’il se confirmait, pourrait alimenter un peu plus la thèse du complot, largement relancée dans les colonnes du New York Review of Books par le journaliste américain Edward Epstein.

Libération ajoute qu’une «façon de répondre à ces nouvelles questions serait peut-être pour Cyrus Vance Jr de diffuser l’intégralité du rapport qu’il a rendu public le 22 août pour justifier l’abandon des poursuites contre DSK». La presse a eu accès à un document de 25 pages qui, dans son intégralité, en compterait en réalité 70.