De nouveaux heurts ont éclaté lundi à Athènes entre la police et quelques centaines de jeunes, au départ d’une manifestation d’étudiants et de lycéens en mémoire d’un adolescent tué par un policier grec le 6 décembre 2008.

Un premier groupe a jeté des pierres contre un cordon de forces anti-émeutes, avant d’être dispersé par une charge. Neuf personnes ont été interpellées tandis que le cortège des manifestants, au nombre d’environ 5.000 selon une source policière, prenait la direction du parlement.

D’autres groupes se sont alors faufilés dans le défilé, lançant des projectiles contre des vitrines et les policiers, qui ont tiré des gaz lacrymogènes.

La manifestation s’est ensuite poursuivie dans le calme, encadrée par de nombreux policiers des forces anti-émeutes, et se dirigeait en milieu d’après-midi vers la place Syntagma, au centre de la capitale, où est situé le parlement.

Les quelque 6.000 policiers déployés dimanche à Athènes pour encadrer les défilés restaient mobilisés dans l’attente des nouveaux rassemblements organisés à l’appel des coordinations étudiantes et lycéennes et de partis de gauche. Peu avant le début de la manifestation prévue en milieu de journée, une vingtaine de jeunes ont lancé des pierres contre la façade d’un commissariat de police et l’un d’eux a été interpellé, d’après la police.

Selon un premier bilan, 26 policiers et 4 manifestants ont été blessés dimanche lors des violences et plusieurs centaines de personnes ont été interpellées ce weekend à Athènes, Salonique (nord), Patras (ouest) ainsi que sur l’île de Rhodes (est) et à Héraklion, en Crète (sud). 26 seront présentées à un procureur dans la capitale et 20 dans les villes de province, a précisé la police.

Parmi ces personnes figurent 4 Italiens – trois hommes et une femme – arrêtés à Athènes, et une Espagnole arrêtée à Salonique, a-t-on ajouté de même source. Les vitres d’une vingtaine de boutiques et de banques ont été brisées à Athènes et Salonique et plusieurs voitures endommagées.

Les affrontements entre groupes de jeunes et policiers ont eu lieu après les manifestations commémorant la mort d’Alexis Grigoropoulos, 15 ans, tué le 6 décembre 2008 par le tir d’un policier lors d’un contrôle dans le quartier contestataire d’Exarchia, dans le centre de la capitale grecque. Sa mort avait déclenché des violences urbaines qui avaient duré près d’un mois, radicalisant une frange de la mouvance contestataire.

A Athènes, après un défilé dans le calme de plusieurs milliers de personnes, des heurts ont opposé dimanche les policiers et des groupes de quelques dizaines de jeunes de la mouvance anarchiste qui ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre et mis le feu à des poubelles. Les policiers ont riposté à coup de matraques et de gaz lacrymogènes.

Les anarchistes ont également occupé pendant quelques heures le rectorat de l’université où le recteur, Christos Kittas, légèrement blessé, a été hospitalisé pour «irrégularité du rythme cardiaque». Des drapeaux rouges et noirs ont flotté sur le toit du rectorat, finalement évacué par les occupants dans la soirée.

Dans le nord de la capitale, une centaine de jeunes ont attaqué en fin de soirée des policiers devant le stade olympique où se jouait un match de football de première division entre les équipes athéniennes Panathinaikos et Atromitos. Le match a été interrompu pendant trente minutes à la suite de tirs de grenades lacrymogènes par la police avant de reprendre.

Des incidents ont également eu lieu à Salonique où quelques milliers de personnes ont manifesté. Une dizaine de magasins ainsi que des véhicules ont été vandalisés.