Malgré les appels au calme de Londres, Dublin et Washington, de nouvelles violences ont éclaté jeudi soir en Irlande du Nord. A Belfast, la police anti-émeute, qui fait face aux manifestants républicains, a reçu des pierres et cocktails Molotov alors qu'elle tentait d'empêcher la foule de se diriger vers ses homologues unionistes, a constaté un journaliste de l'Agence France Presse (AFP). La police anti-émeute les a repoussés à l’aide d’un canon à eau. La tension y était palpable en fin de journée, malgré le calme apparent. Des adolescents entassaient déjà des briques dans un chariot de supermarché, avait constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis l'accord du Vendredi Saint, règne une «paix en surface», avance Fiona McMahon, une habitante de Belfast de 56 ans. «C'est profondément enraciné, ce n'est pas seulement à cause du Brexit», poursuit-elle, estimant que le premier ministre britannique Boris Johnson n'en a «rien à faire d'ici».

De nombreux appels au calme

Cela fait une semaine que la province britannique est agitée par ces heurts inédits depuis 1998, à grand renfort de jets de projectiles vers les forces de l'ordre et véhicules incendiés, principalement dans des zones loyalistes à majorité protestante.

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Ces violences, qui ont fait jusqu'ici plus de 50 blessés dans la police, font resurgir le spectre des 3500 morts survenues lors des trois décennies qu'ont duré les «Troubles» entre républicains, principalement des catholiques partisans de la réunification avec l'Irlande, et unionistes protestants, fervents défenseurs de l'appartenance au Royaume-Uni.

Dans la journée, des premiers ministres britannique et irlandais, ont joint leurs voix à celles des dirigeants d'Irlande du Nord, unionistes comme républicains, pour condamner ces «inacceptables» violences et appeler au calme. Un appel également lancé par la Maison-Blanche, se disant «préoccupée» par ces violences qui interviennent alors que Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, avait déjà exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences du Brexit pour la paix dans la province.

La frontière de la discorde

Le Brexit est venu fragiliser le délicat équilibre dans la province, en nécessitant l'introduction des contrôles douaniers entre Royaume-Uni et Union européenne.

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Destinés à éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique et la République d'Irlande, membre de l'UE, les contrôles se tiennent dans les ports nord-irlandais. Malgré une période de grâce pour permettre aux entreprises de s'adapter, ces nouvelles dispositions perturbent les approvisionnements et sont dénoncées par les unionistes comme une frontière entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, et une trahison de la part de Londres.