équateur

De nouveaux heurts avec la police lors d’une manifestation à Quito

Les manifestants, dont de nombreux indigènes, protestaient contre la hausse du prix de l’essence. En parallèle, un rassemblement en soutien au président Lenin Moreno s’est déroulé à Guayaquil, la deuxième ville du pays

Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi mercredi les rues de Quito. Dans une capitale quadrillée par les forces de l'ordre, les protestataires ont réclamé que le gouvernement rétablisse les subventions au carburant, supprimées après un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 4,2 milliards de dollars. Une décision qui a entraîné une hausse des prix de l'essence de plus de 100%.

Alors que le cortège principal défilait dans le centre historique, des manifestants masqués ont affronté la police à coups de pierres et de cocktails molotov. Celle-ci a riposté en faisant usage de gaz lacrymogène. Les fumées lacrymogènes se mêlaient à celles des pneus incendiées par les protestataires.

Au même moment, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans le port de Guayaquil (sud-ouest), capitale économique du pays, pour apporter leur soutien au chef de l'Etat et à sa décision de supprimer les subventions dans le cadre d'un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) contre un prêt de 4,2 milliards de dollars.

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«Les mesures sont dures, mais cela aurait dû être fait par le (précédent) gouvernement de Rafael Correa, qui ne l'a pas fait. Maintenant il faut laisser le président continuer», a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Geovanni Molina, un retraité de 68 ans.

Une affluence d'indigènes

Depuis plusieurs jours, les indigènes, acteurs-clés de ce conflit, affluent vers la capitale depuis les différentes provinces du pays, à pied ou à bord de pick-up, avec l'intention de faire plier le gouvernement.

«Nous voulons que ces mesures soient abolies pour que le peuple retrouve sa tranquillité», a déclaré à l'AFP César Garcia, 52 ans, un des dirigeants indigènes. La capitale, où les cours ont été suspendus depuis plusieurs jours et où les transports publics se faisaient rares, tournait au ralenti.

En janvier 2000, de violentes manifestations indigènes auxquelles avaient participé les organisations indigènes dans un contexte de crise économique, avaient fait chuter le président Jamil Mahuad. Dans un passé récent, l'Equateur a connu une période d'instabilité, trois présidents ayant été renversés entre 1997 et 2005 à la suite de mouvements populaires.

Rafael Correa prêt à revenir

Les incidents ont mis sous pression le gouvernement du président Lenin Moreno. Dans une tentative de désamorcer la situation, le chef de l'Etat a ouvert mardi la porte à une médiation des Nations unies et de l'Eglise catholique. En face, la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie), principal organe représentatif des peuples autochtones du pays, a «décidé de poursuivre la mobilisation nationale contre les mesures économiques», selon son communiqué qui ne mentionne pas de contacts avec le gouvernement.

Lenin Moreno a accusé son prédécesseur Rafael Correa (2007-2017), ex-allié devenu son adversaire politique, d'avoir «activé» un «plan de déstabilisation» avec l'aide du président vénézuélien Nicolas Maduro.

«S'il est nécessaire que je sois candidat, je le serai», a déclaré Rafael Correa à la presse à Bruxelles, où il vit depuis qu'il a quitté le pouvoir en 2017 à l'issue de son troisième mandat. L'ex-dirigeant socialiste ne pouvant se présenter à un quatrième mandat présidentiel depuis une récente réforme, il a dit envisager une candidature de vice-président.

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