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Nouveaux incidents au Xinjiang

La situation demeure tendue à Urumqi, dans le nord-ouest de la Chine, où un millier de manifestants hans se sont brièvement heurtés aux forces de l’ordre vendredi.

Un millier de manifestants hans se sont brièvement heurtés aux forces de l’ordre vendredi à Urumqi, dans le nord-ouest de la Chine, en leur jetant des bouteilles, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’incident s’est produit à un important carrefour de la ville, non loin de la place où avaient déjà eu lieu des manifestations jeudi, lorsque des policiers ont tenté d’emmener un Chinois han, alors que la foule criait: «Libérez-le! Libérez-le!». Les manifestants ont alors commencé à lancer des bouteilles en plastique sur les forces de l’ordre, vite rejointes par des renforts.

Un manifestant a même réclamé le départ du numéro un du Parti communiste dans la région autonome au cri de «Wang Lequan démission!». Au bout d’une heure, les forces de l’ordre avaient cependant réussi à reprendre le contrôle de la situation et à disperser les manifestants.

Près de là, depuis son magasin de jade, un Han, Wang Jinren, a estimé que les autorités s’étaient montré peu efficaces depuis les violences ethniques de début juillet à Urumqi, qui ont fait au moins de 197 morts, surtout des Hans attaqués par des Ouïgours, l’ethnie dominante de la région.

«Le gouvernement est vraiment faible, tout le monde s’en aperçoit maintenant. Cela fait deux mois qu’il n’arrive pas à gérer la situation», a-t-il dit. «Comment est-ce possible? Il n’a pas de plan pour gérer ces problèmes. Il a besoin d’expliquer aux gens comment il va faire, mais ces problèmes sont tellement importants, peut-être qu’ils sont insolubles», a-t-il ajouté.

La police était déployée dans tous les quartiers d’Urumqi vendredi, dont certains étaient bouclés, au lendemain de manifestations de dizaines de milliers d’habitants exigeant une meilleure sécurité, après une série de mystérieuses attaques à la seringue.

Les autorités ont annoncé l’arrestation de 21 personnes en lien avec ces attaques, mais celles-ci se sont poursuivies, ont déclaré vendredi à l’AFP de nouvelles victimes. Vendredi, trois d’entre elles ont ainsi porté plainte dans un commissariat à Urumqi. Deux avaient été agressées tôt vendredi.

«Il était vraiment grand, c’était un Ouïgour j’en suis sûr. Mais avant que j’aie pu vraiment le voir, il s’était enfui», a raconté Liu Yan, une femme de 21 ans.

Les violences interethniques avaient éclaté le 5 juillet lorsque que des Ouïgours s’en étaient violemment pris à des Hans. Les jours suivants, des Hans armés de bâtons et de pelles avaient déferlé dans les rues pour se venger, en dépit d’un imposant dispositif policier.

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