Les Etats-Unis ont mis leur veto à la vente par l'Espagne d'avions militaires dotés de composants américains au Venezuela, marquant un nouvel accroc dans la tumultueuse relation entre Washington et Madrid.

«L'administration Bush a décidé de refuser les licences (pour) les avions que l'Espagne a vendus au Venezuela et elle l'a fait pour des raisons que le gouvernement espagnol ne partage pas», a dit vendredi la première vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega. «Cela dit, des contrats ont été signés avec un autre pays, le Venezuela, et ils doivent être respectés», a dit la numéro deux du gouvernement.

«Attaque impérialiste»

La signature du contrat, le 28 novembre, avait donné lieu à de solennelles déclarations à Caracas du ministre espagnol de la Défense, José Bono, défendant la «souveraineté et l'autonomie de l'Espagne» pour conclure une vente que le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, avait qualifié d'«erreur».

Le président du Venezuela Hugo Chavez a qualifié vendredi d'«attaque impérialiste» le veto des Etats-Unis. «Qu'est-ce que c'est sinon la preuve de l'horrible impérialisme que le gouvernement de Washington veut imposer au monde», a lancé le président vénézuélien, commentant le refus américain de laisser l'Espagne vendre à Caracas douze appareils de transport ou de surveillance militaires.

Le président Chavez, qui s'exprimait devant le parlement à Caracas, a également averti que son pays pouvait acheter des avions en Russie, en Chine ou même à Cuba auprès de Fidel Castro, son allié en Amérique latine.

Le contrat de 1,7 milliard d'euros porte sur dix avions de transport C-295 et deux avions de surveillance maritime CN-235. Il concerne aussi quatre patrouilleurs côtiers et quatre corvettes qui ne sont pas visés par la décision américaine. EADS-CASA, filiale espagnole du groupe d'aéronautique et de défense européen EADS, a reconnu que sa seule option serait de remplacer la technologie américaine par des composants européens, moyennant surcoût et retard.