Le «nouvel Irak» promis par George Bush n'a pas grand-chose à voir avec le pays réel qui, le 30 janvier, se rendra aux urnes pour élire une assemblée constituante et un parlement kurde. L'Etat de droit y demeure une chimère foulée aux pieds quotidiennement par les attentats. Les nostalgiques de la dictature et les extrémistes islamistes continuent d'y faire régner la loi des armes. L'ouverture économique se limite aux quartiers commerçants remplis de marchandises de contrebande, tandis que le chômage demeure endémique.

Et pourtant: même gangrené par la terreur, l'Irak de 2005 est radicalement différent de celui de Saddam Hussein. C'est son portrait que «Le Temps» va s'attacher cette semaine à brosser à distance, après avoir renoncé pour d'évidentes raisons de sécurité à la présence d'un envoyé spécial à Bagdad. Comment vivent, à la veille du scrutin, la majorité chiite, les tribus sunnites et la population du Kurdistan? Quel bilan tirer de l'occupation militaire américaine et de la reconstruction promise? Faute de pouvoir donner la parole aux Irakiens, cette série s'attarde sur leurs aspirations. Et leurs frustrations.