«Deux hommes sont morts, un autre grièvement blessé a été amené à l’hôpital», a indiqué un porte-parole du ministère local de l’Intérieur, cité par l’agence russe Itar Tass. L’explosion s’est produite dans la région de Khassaviourt, dans l’ouest du Daguestan.

«Selon les informations préliminaires, l’explosif, transporté dans la voiture, a sauté de façon spontanée», a-t-il ajouté, cité par Interfax.

Cette explosion survient au lendemain d’un double attentat suicide dans la même république, qui a fait 12 morts, et qui a suivi les attaques de lundi dans le métro de Moscou, qui ont fait 39 morts. Les attentats de Moscou ont été revendiqués mercredi soir par le groupe rebelle islamiste Emirat du Caucase.

Une vengeance

Pour le chef du groupe rebelle islamiste «l’Emirat du Caucase», Dokou Oumarov, qui s’est exprimé dans un message vidéo, les attentats de Moscou lundi sont un acte de «vengeance» répondant aux opérations des forces russes dans le Caucase, et il a menacé la Russie de nouvelles attaques.

Le 11 février, «des habitants tchétchènes et ingouches ont été exécutés» par les forces russes près du village d’Archty au cours d’une opération menée par «les bandits des forces spéciales du FSB» (services spéciaux russes), explique le chef de «l’Emirat du Caucase», qui s’étend aussi bien en Tchétchénie que dans les républiques voisines.

Dokou Oumarov, alias Abou Oussman, affirme avoir donné personnellement l’ordre de commettre le double attentat suicide perpétré lundi à une quarantaine de minutes d’intervalle par deux femmes dans deux stations du métro de Moscou, qui a fait 39 morts.

Il s’agit d’«un acte légitime de vengeance de la poursuite des assassinats de civils dans le Caucase», déclare le chef du groupe rebelle islamiste, en allusion aux opérations des forces de l’ordre russes contre les rebelles.

Dans ce message vidéo de 4 minutes 27 secondes visible sur YouTube, où il apparaît assis dans un bois et vêtu d’un treillis, le chef rebelle barbu avertit que «les attaques sur le territoire russe vont se poursuivre». Ce seront «de nouveaux actes de vengeance de ce que font les troupes et services spéciaux russes dans le Caucase», insiste-t-il.

Le Daguestan sous tension

Combattant lors de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), Dokou Oumarov fut le compagnon de route de tous les dirigeants indépendantistes, mais il a totalement rompu avec la frange séparatiste d’origine et est depuis 2006 le chef de la guérilla tchétchène.

Groupes clandestins

Des enterrements des victimes de lundi étaient prévus jeudi dans neuf cimetières de la capitale russe, ainsi qu’à Krasnodar, dans le sud de la Russie.

Le Caucase du Nord se trouve sous haute surveillance. Dans la république d’Ingouchie, les services spéciaux (FSB) ont décidé d’élargir la zone d’«opérations antiterroristes», selon Itar Tass.

Cette décision «a été prise alors que des informations sont parvenues indiquant que des membres armés de groupes clandestins, impliqués dans de graves crimes dans le Caucase du Nord, se trouvaient dans la région de Malgobeïski», a indiqué le FSB.