La Grèce était à nouveau paralysée jeudi par une grève générale et des manifestations à l’appel des syndicats qui veulent montrer au gouvernement qu’ils ne baisseront pas la garde devant les mesures d’austérité.

Depuis minuit les transports aériens étaient cloués au sol tandis que les trains n’avaient pas quitté les gares et que les bateaux restaient à quai. Seule une ligne de métro fonctionnait à Athènes pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues à la mi-journée. Les autres transports urbains, métro, bus, trolleys, tramways étaient, eux, à l’arrêt. La grève a également entraîné la fermeture des écoles et des administrations, tandis que les banques et les grandes entreprises du secteur public tournaient au ralenti. Les hôpitaux publics fonctionnaient grâce au personnel d’astreinte.

Le pays était aussi privé de toute information diffusée par les radios et les télévisions en raison du ralliement du syndicat des journalistes. L’agence de presse nationale Athens News Agency (ANA-semi-officielle) a arrêté son fil d’information pour 24 heures depuis 6h00 locales. Les journaux ne paraîtront pas vendredi.

En fin de matinée, plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés à deux endroits du centre d’Athènes pour protester contre les mesures de rigueur votées vendredi dernier par la majorité socialiste. «Même s’ils nous terrorisent, les mesures ne passeront pas», «nous sommes des hommes pas des numéros», affirmaient deux banderoles du rassemblement de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, un million de membres) et de la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 375’000 adhérents), organisatrices de la manifestation.

Quelques dizaines de jeunes ont de nouveau affronté jeudi la police, qui a tiré des gaz lacrymogènes devant le Parlement grec, à la fin d’une manifestation à Athènes contre les mesures d’austérité du gouvernement. Les jeunes, qui s’en étaient déjà pris en début de manifestation aux forces de l’ordre, ont remonté le cortège des milliers de manifestants et ont lancé des cocktails molotov et divers projectiles sur les policiers gardant le parlement. Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes. Ces derniers ont poursuivi leurs échauffourées et cassé ou endommagé des vitrines d’une dizaine de magasins du centre d’Athènes. Les affrontements se sont aggravés devant les locaux de l’Université d’Athènes sur la grande avenue de Panepistimiou au centre de la capitale.

D’autres manifestations devaient aussi se dérouler dans les grandes villes de Grèce. Les syndicats avaient déjà manifesté le 24 février et le 5 mars, jour du vote des dispositions au Parlement. Les grévistes protestent contre les mesures qui prévoient notamment des hausses de la TVA et qui frappent la Fonction publique par la quasi-suppression du 14e mois.

Le président du patronat grec, Dimitris Daskalopoulos, a vivement condamné mercredi «les mobilisations» de ceux qui veulent laisser la Grèce «demander l’aumône sur les marchés étrangers». Il a aussi affirmé qu’il n’était «pas question» de réduire le 14ème mois de salaire dans le secteur privé.