La grève «illimitée» des instituteurs tunisiens était «bien suivie» dans la plupart des régions de la Tunisie, a affirmé lundi Nabil Haouachi, membre du syndicat national de l’enseignement primaire, en ce jour de reprise théorique des cours interrompus par la «révolution du jasmin».

Heurts avec la police

Des manifestants ont jeté lundi matin à Tunis des pierres et des bouteilles sur des policiers anti-émeutes qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes près des bureaux du Premier ministre du gouvernement de transition controversé, a rapporté un journaliste de l’AFP. Ces incidents se sont produits alors que des policiers anti-émeutes tentaient d’exfiltrer des fonctionnaires du siège du gouvernement du Premier ministre Mohammed Ghannouchi.

Des dizaines de manifestants qui avaient passé la nuit sur place malgré le couvre-feu se sont précipités vers eux en courant, provoquant un mouvement de foule. Des policiers ont tiré quelques grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui leur jetaient des pierres et des bouteilles.

L’incident a été bref mais la tension restait vive sur la grande esplanade qui jouxte les bureaux du Premier ministre où des militaires parlementaient avec les manifestants pour tenter de les calmer.

«Caravane de la libération»

Cette nuit, des centaines de Tunisiens, dont beaucoup venus du centre frondeur et déshérité du pays, ont défié le couvre-feu en campant sous les fenêtres de la Primature, exigeant la démission du gouvernement.

Toute la journée, des milliers de manifestants avaient conspué les noms des responsables du gouvernement de transition formé lundi et dominé par des caciques de l’ancien régime.

Le palais a été assiégé toute la journée par la foule, comprenant de nombreux provinciaux partis samedi du centre-ouest rural et pauvre du pays, foyer de la «révolution du jasmin» et arrivés dimanche à l’aube à Tunis dans un convoi hétéroclite qu’ils ont baptisé «la caravane de la libération».