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German Chancellor Angela Merkel (L) and US President Donald Trump (R) make a statement to the press after a bilateral meeting on the sidelines of the NATO (North Atlantic Treaty Organization) summit at the NATO headquarters, in Brussels, on July 11,…

Europe

Nouvelle salve de Trump contre Merkel à Bruxelles

A peine arrivé à Bruxelles pour un sommet de l’OTAN tendu, mercredi et jeudi, Donald Trump a attaqué de front Angela Merkel, accusée d’être «prisonnière de la Russie». La chancelière a aussitôt riposté

L’ambiance a capoté dès le petit-déjeuner, pris en tête à tête mercredi matin par Donald Trump avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. A peine Trump avait-il posé les pieds à Bruxelles qu’il a commencé à tirer à boulets rouges sur l’Allemagne et Angela Merkel, face aux caméras de télévision et aux côtés d’un Stoltenberg visiblement consterné.

«Dès les premières minutes, il a été clair que ce sommet ne serait pas difficile, mais catastrophique», résume le quotidien Süddeutsche Zeitung.

«Mégadeal avec la Russie»

La raison de cette nouvelle colère du président américain: le trop faible budget allemand de la Défense, un sujet récurrent, couplé cette fois avec le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui permettrait à la République fédérale d’être directement approvisionnée en gaz russe, en contournant les pays du bloc de l’Est. L’Ukraine et la Pologne sont hostiles à ce projet, tandis que les Etats-Unis y voient un frein à leur politique d’expansion des ventes de gaz de schiste américain en Europe.

«C’est triste de voir que l’Allemagne conclut un mégadeal avec la Russie, pendant que nous devrions assurer sa protection», s’offusque Donald Trump, rappelant qu’un ancien chancelier – Gerhard Schröder – siège même au sein des instances dirigeantes de Nord Stream. «L’Allemagne, poursuit-il, enrichit la Russie. Elle est prisonnière de la Russie. Elle est complètement contrôlée par la Russie. Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela? Ce n’est pas juste!»

Bluffer les autres

La salve n’a pas vraiment surpris les observateurs: «Les relations de Trump avec l’Allemagne sont exécrables, rappelle Christian Tuschhoff, politologue de l’Université libre de Berlin et spécialiste des relations transatlantiques. Si Trump attaque Merkel, c’est avant tout à des fins de politique intérieure, parce qu’il a les yeux rivés sur les élections de mi-mandat. La seule chose qui l’intéresse est la satisfaction de son propre électorat. Il fait tout pour se présenter comme celui qui s’impose, tant au niveau national que sur la scène internationale.»

«En menant l’attaque d’entrée de jeu, Trump cherche à bluffer les autres pays membres pour leur imposer d’augmenter leurs dépenses de défense ou, mieux encore, d’importer des services de défense américains contre monnaie sonnante et trébuchante», ajoute Irwin Collier, spécialiste des relations transatlantiques à l’Université libre de Berlin. Trump, estime le spécialiste, chercherait à «imposer à ses partenaires d’acheter américain» dans le domaine de l’énergie comme de la sécurité.

«Nous sommes le second pourvoyeur de troupes»

Angela Merkel, la stupeur passée, n’a pas tardé à riposter. «L’Allemagne doit beaucoup à l’OTAN, c’est vrai, et si l’Union européenne est unie c’est grâce aussi à l’OTAN, a déclaré la chancelière à son arrivée à Bruxelles. Mais l’Allemagne fait aussi beaucoup pour l’OTAN. Nous sommes le second pourvoyeur de troupes, la plupart de nos équipements sont à la disposition de l’OTAN, et nous sommes très engagés en Afghanistan, pour défendre les intérêts des Etats-Unis.»

Et de rappeler que Berlin augmentera son budget défense conformément aux recommandations émises par l’OTAN au pays de Galles. Pour l’instant, on est loin du but: l’Allemagne investit à l’heure actuelle 1,2% de son PIB dans la défense et compte passer à 1,5% d’ici à 2024, soit beaucoup moins que les 2% visés par l’organisation.

Le pacifisme de l’opinion expliquerait en partie la modestie de l’investissement sécuritaire allemand. «C’est vrai que l’opinion est relativement défavorable aux dépenses pour le militaire plutôt que pour le social ou les infrastructures, rappelle Christian Tuschhoff. Mais il ne faut pas non plus sous-estimer un autre problème: la difficulté en Allemagne de mener à bien des achats dans le domaine militaire. Qu’il s’agisse d’uniformes ou de matériel lourd, les achats sont très contrôlés, doivent passer quantité de barrières administratives. La Bundeswehr est obligée de comparer toutes les offres et d’acheter au meilleur prix…» Des contraintes légales qui ne feront pas les affaires de Donald Trump.

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