Le gouvernement nicaraguayen a accusé, lundi, les quatre opposants et candidats potentiels à la présidentielle, arrêtés par les autorités, d’être des «usurpateurs» financés par les Etats-Unis. Ces opposants ne «représentent pas la véritable opposition au Nicaragua», a estimé le gouvernement qui estime qu’«à travers leurs ONG respectives, ils ont reçu des millions de dollars» de la coopération américaine pour «renverser le gouvernement élu» du président Ortega.

La police nicaraguayenne a arrêté, dimanche, quatre dirigeants connus de la dissidence sandiniste, a-t-on appris de source officielle. «Dora Maria Tellez et Ana Margarita Vigil Guardian», toutes deux dirigeantes de l'Union pour le renouveau démocratique (Unamos), un parti d'opposition, ont été placées en détention aujourd'hui, a indiqué la police dans un communiqué.

Quelques heures plus tard, la police a annoncé l'arrestation du président d'Unamos, Suyen Barahona Cuan, et du vice-président du parti, le général à la retraite et dissident sandiniste Hugo Torres.

La responsable de la diplomatie américaine pour les Amériques, Julie Chung, a qualifié sur Twitter d'«arbitraires» ces nouvelles arrestations. Elle a appelé les pays membres de l'Organisation des Etats américains (OEA) à envoyer «un signal clair» au gouvernement Ortega, à l'occasion de la session de l'organisme qui sera consacrée mardi à la crise au Nicaragua.

Une loi controversée adoptée

La police a déclaré que les détenus «font l'objet d'une enquête pour avoir commis des actes portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination, incitant à l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures», entre autres crimes, selon le communiqué.

En décembre, le Nicaragua a adopté une loi controversée intitulée «Loi pour la défense des droits du peuple à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination pour la paix», qui punit de peines de prison les personnes qui encouragent l'intervention étrangère.

Unamos, anciennement connu sous le nom de Mouvement de rénovation sandiniste (MRS, centre-gauche), est composé d'opposants au président Ortega, chef du Front sandiniste (FSLN, gauche) au pouvoir.

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Une douzaine de dirigeants de l'opposition, dont quatre candidats à l'élection présidentielle, ont été arrêtés par la police depuis le 2 juin, à la demande du gouvernement Ortega. La première était Cristiana Chamorro, fille de l'ancienne présidente Violeta Barrios de Chamorro (1990-1997), accusée de blanchiment d'argent par l'intermédiaire d'une fondation promouvant la liberté de la presse et portant le nom de sa mère. Cristiana Chamorro, qui est assignée à résidence, était considérée comme une adversaire sérieuse pour le président Ortega lors des élections du 7 novembre.