Afrique

Nouvelles attaques meurtrières de villages dogons au Mali

Après l'attaque de deux villages, le gouvernement malien a dévoilé mardi soir un bilan, encore provisoire, qui fait état de 38 morts et de nombreux blessés

Dans le centre du Mali, les villages dogons de Gangafani et de Yoro, près de la frontière burkinabè, ont été frappés lundi par des attaques, dont le «bilan provisoire officiel est de 38 morts et de nombreux blessés», a indiqué dans la soirée le gouvernement, tandis que l'armée subissait des «pertes humaines et matérielles» dans une embuscade plus au nord.

Le procureur du pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme, Boubacar Sidiki Samaké, avait évoqué un «bilan provisoire de 14 morts», appelant à la prudence «pour éviter la polémique regrettable autour du bilan de Sobane Da». Il faisait référence à un village dogon proche de Bandiagara où une attaque le 9 juin a fait 35 morts, dont 24 enfants, alors qu'un précédent bilan avait mentionné au moins 95 morts et 19 disparus.

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Les auteurs de ces attaques «sont des terroristes parce qu'ils ont tué et éventré certains corps et brûlé des greniers. En quittant (le village), ils scandaient Allah akbar» (Dieu est le plus grand, en arabe), a indiqué à l'Agence France Presse (AFP) Goundjou Poudiougou, conseiller communal à Dinagourou, en expliquant avoir compté «une dizaine de corps» dans les deux villages.

Selon Adama Dionko, porte-parole du Collectif des associations du pays dogon, «c'était la même chose qu'à Sobane Da: des personnes, des biens et des animaux ciblés». «Ce sont des terroristes, des criminels. Nous demandons à l'Etat plus de sécurité. Au président IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) de respecter sa parole», a-t-il déclaré à l'AFP.

Pas de «conflit interethnique»

Il y a quelques jours, le président Ibrahim Boubacar Keïta a pourtant récusé toute notion de «conflit interethnique», évoquant «une excroissance de ce que nous avons vécu dans le Nord, et de ce que nous vivons encore dans le Nord». Les violences, qui déchirent cette région depuis quatre ans, ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui ont créé leurs «groupes d'autodéfense».

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Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit. Malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes dans le nord du Mali, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques.

Une patrouille des Forces armées maliennes (FAMa) est «tombée dans une embuscade des terroristes à Banguimalam, au sud-ouest de Gossi (nord)» mardi, a indiqué dans son communiqué le gouvernement, en précisant que des «renforts ont été dépêchés pour secourir les éléments victimes d'attaque terroriste et sécuriser la zone».

«Au cours de cet accrochage, les FAMa ont enregistré des pertes humaines et matérielles», a confirmé l'armée malienne sur Twitter, sans plus de détails.

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