Elu pour deux ans et demi par le Conseil européen (la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE), le futur président du Conseil devra en priorité coordonner ses travaux. Il remplacera en cela l’actuelle présidence tournante semestrielle, qui demeurera mais deviendra plus administrative. Il animera les futurs sommets européens, sans avoir pour autant le droit de vote, ce qui lui conférera un rôle d’arbitre délicat. Herman Van Rompuy, pour être clair, sera le primus inter pares parmi les Vingt-Sept, mais sans que ces derniers lui abandonnent aucune de leurs prérogatives. Il sera leur représentant, pas leur patron.

Catherine Ashton, nommée pour cinq ans haut représentant pour les Affaires Etrangères de l’UE, est elle, sur le papier, un des vingt-sept commissaires Européens. Elle sera d’ailleurs la première vice-président du «collège» au sein duquel – même si son statut de commissaire indépendant lui interdit de représenter le Royaume-Uni – elle restera la «main de Londres». Ce qui pourrait devenir compliqué pour elle après l’avènement d’un gouvernement conservateur ultra-eurosceptique. Mme Ashton sera le «visage» de l’UE dans les négociations internationales. Avec des risques évidents de collision lors des grands sommets où le président de la Commission et le président du Conseil voudront aussi se rendre.

José-Manuel Barroso, réélu en septembre à la tête de la Commission, demeure lui le patron de l’éxécutif européen. Il reste à la tête de cette puissante administration de près de vingt mille fonctionnaires, dotée du monopole de l’initiative législative. Il est, en somme, le moteur de l’UE dont il partagera le volant avec les deux autres membres du trio.

Rendez-vous début 2010

Herman Van Rompuy prendra ses fonctions le 1er janvier. Lui et Catherine Ashton, néanmoins, verront leurs nominations confirmées par écrit dès l’entrée en vigueur officielle du Traité de Lisbonne le 1er décembre. Le premier ministre belge mettra ce mois et demi à profit pour essayer de se trouver un remplaçant à la tête du royaume. Une tâche pour le moins délicate compte tenu de l’animosité entre les communautés linguistiques et les partis néerlandophones et francophones.

Le haut-représentant sera, elle, dans le même panier que les vingt-six autres commissaires européens dont José-Manuel Barroso a promis la liste en début de semaine prochaine. Elle est assurée de son portefeuille et de son titre de vice présidente. Mais elle devra, comme tous les autres «ministres européens», être auditionnée par l’Europarlement, sans doute en janvier. Les eurodéputés, qui pourraient bien refuser tel ou tel candidat, voteront ensuite l’investiture du collège. La date la plus souvent évoquée pour l’entrée en fonction de la Commission Barroso II est le 1er février.