Un paon couleur or, le bec tendu vers une étoile blanche. La presse birmane a diffusé lundi le symbole du parti de l’opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), dirigée par Aung San Suu Kyi.

Lors du vaste soulèvement démocratique de 1988 déjà, l’oiseau de combat était brandi par les étudiants en lutte contre la junte militaire au pouvoir. Après plus de vingt ans de répression, le drapeau de la LND peut se déployer officiellement: l’opposition est autorisée à intégrer le processus politique.

Ses dirigeants ont annoncé le mois dernier qu’ils comptaient présenter des candidats aux élections législatives partielles prévues dans la foulée d’une surprenante série de réformes entamées par Thein Sein. Le président birman a d’ailleurs qualifié cette décision de «signal positif».

Aung San Suu Kyi candidate

Aung San Suu Kyi, égérie du combat démocratique en Birmanie, comptera parmi ceux qui brigueront les 48 sièges vacants du parlement à une date qui reste encore inconnue. Toutefois, l’élan démocratique birman restera limité: les militaires tiennent les rênes et se réservent un quart des 664 sièges de l’assemblée.

Lors des élections législatives de 1990, alors que son leader était maintenu en résidence surveillée par le pouvoir, la LND remportait près de 60% des voix, une victoire écrasante annulée par la junte, bien décidée à se maintenir en place. Peu après, la répression s’abattait comme une chape de plomb sur les membres de l’opposition.

Le parti fut dissous par la junte après son boycott des élections législatives de 2010. Il protestait alors contre une loi qui interdisait aux individus condamnés par la justice de se présenter, empêchant de nombreux membres de l’opposition, dont Aung San Suu Kyi, récompensée en 1991 du Prix Nobel de la paix, de participer au scrutin.

L’abolition de cette règle par les autorités permet à présent à Aung San Suu Kyi et à d’autres opposants d’entrer sur la scène politique. Mais la «Dame», veuve d’un chercheur britannique, ne pourra probablement pas briguer la présidentielle: la loi birmane interdit à une personne dont un membre de la famille est citoyen d’un pays étranger de se présenter.

U Le président birman Thein Sein a demandé à l’armée de ne plus attaquer les Kachins, une minorité rebelle, dans l’extrême nord du pays, a indiqué son bureau lundi, alors que le pouvoir multiplie les discussions avec les groupes rebelles et dit privilégier la solution politique. Un autre responsable birman a expliqué sous le couvert de l’anonymat que les discussions se poursuivaient avec les Kachins, contre lesquels les combats ont redoublé de violence depuis cet été. (AFP)