états-Unis

Nouvelles données récoltées à l’insu des Américains

Un nouveau scandale secoue l’administration Obama. En cause, les relevés téléphoniques de millions d’Américains que la NSA récolte très secrètement

En avril dernier, la Foreign Intelligence Surveillance Court, une cour très secrète, a autorisé la National Security Agency(NSA) à récolter les relevés téléphoniques de millions d’Américains clients de l’opérateur de téléphonie mobile Verizon. C’est The Guardian qui révèle l’affaire. Le quotidien britannique a mis la main sur la décision de la cour qui exige de Verizon qu’elle livre quotidiennement des informations sur tous les appels téléphoniques qui entrent dans son système, qu’ils soient internes aux Etats-Unis ou vers l’étranger.

L’opération dure jusqu’au 19 juillet prochain. Sont récoltés les numéros de téléphone de deux interlocuteurs lors d’un appel, le lieu où intervient l’appel, sa durée. Le contenu de la conversation, explique The Guardian, n’est pas dévoilé.

La pratique n’est pas nouvelle. Sous l’administration du républicain George W. Bush, des millions de relevés téléphoniques étaient ainsi rassemblés par la NSA. Mais le document révèle que de telles pratiques de récolte de «métadata» perdurent sous l’administration du démocrate Barack Obama. La nouvelle est d’autant plus gênante qu’elle intervient au milieu d’un scandale de traques de journalistes d’Associated Press et de Fox News qui avaient bénéficié de fuites du gouvernement. Des relevés téléphoniques de plusieurs journalistes ont été saisis. L’ordre de la cour interdit à Verizon de dévoiler au public l’existence de la demande faite pour obtenir des informations sur les appels de clients ou d’évoquer la décision de la cour elle-même.

L’ordre de la cour aurait été pris sur la base d’une clause (business records) du Patriot Act, la loi antiterroriste adoptée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Deux sénateurs démocrates, Ron Wyden et Mark Udall, se sont inquiétés de telles pratiques. Dans une lettre adressée en 2012 au ministre de la Justice Eric Holder, ils déclaraient: «Il y a désormais un décalage important entre ce que les Américains pensent que la loi autorise et ce que le gouvernement estime secrètement que cette même loi autorise.»

Pour Barack Obama, qui a toujours promis qu’il allait faire de son administration le gouvernement le plus transparent de l’Histoire, cette nouvelle histoire arrive au mauvais moment. Elle risque de saper encore davantage son discours sur la nécessité de laisser l’Etat intervenir dans la vie des Américains.

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