L'essentiel

L'UE a modifié ses règles d'exportation pour les vaccins contre le Covid-19 il y a une semaine. Alors que la Suisse était auparavant exemptée de l'obligation d'obtenir une licence d'exportation, elle a été retirée de la liste de ces pays, rapporte le SonntagsBlick.

Si un pays se procure des vaccins mais n'en exporte pas lui-même, l'UE peut bloquer le vaccin. Afin de défendre les intérêts de la Suisse, la secrétaire d'État Livia Leu a entrepris des démarches auprès de l'ambassadeur de l'UE en Suisse, Petros Mavromichalis, selon le journal.

La Suisse exige que l'accès privilégié lui soit à nouveau accordé et qu'elle ne soit pas limitée dans son commerce de vaccins et de substances actives liées au Covid-19. L'administration fédérale est en contact avec la Commission européenne et a reçu l'assurance que l'exclusion n'était pas dirigée contre la Suisse.

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■ «Encore un effort»

En Suisse, le président de la Confédération Guy Parmelin tempère les espoirs de nouvelles ouvertures rapides. La situation épidémiologique à l'étranger et en Suisse réduit la marge de manoeuvre, avertit-il dans une interview à la SonntagsZeitung.

Le Conseil fédéral a fait un pas en allégeant les rencontres privées. Mais la Suisse doit encore attendre pour ouvrir les restaurants et permettre la tenue de plus grands événements, précise Guy Parmelin.

Le président de la Confédération s'inquiète d'un climat qui se durcit et qui devient plus intolérant. Il appelle à rester discipliné: «Nous devons encore une fois faire un effort. Mais nous pouvons avoir confiance que la situation va se stabiliser avec les progrès de la vaccination et qu'une certaine normalité reviendra en été».

Guy Parmelin estime que le Conseil fédéral devrait examiner l'idée de permettre aux personnes testées avec un résultat négatif de participer à de plus grands événements, en vue d'un prochain allègement.

Par ailleurs, le ministre de l'économie plaide en faveur d'une collaboration plus étroite en Europe. La Suisse pourrait par exemple aider à mettre en place une industrie dédiée au développement et à la production de vaccins. Le pays présente un bon profil pour y jouer un rôle clé.


Une application pour répertorier tests et vaccins

Alors que la Confédération planche toujours sur l'élaboration d'un passeport vaccinal, celui des pharmaciens est prêt à l'emploi, rapporte Le Matin Dimanche. La plateforme de la Coopérative des pharmaciens (Ofac) a été complétée avec un module lié à la vaccination. «Nous tenons à proposer une solution qui répertorie les vaccins anti-Covid, et les tests, rapides ou PCR, qu'a effectués le patient, sous forme d'historique», explique Mario Magada, directeur général de l'Ofac.

Pour assurer la sécurité des données, l'application utilise la technologie trust-ID, développée par la société lausannoise ELCA. Mario Magada explique avoir approché l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour leur signaler qu'une solution clés en main était disponible. De son côté, l'OFSP indique qu'aucune décision préliminaire n'a encore été prise et que «de nombreuses entreprises ont approché l'OFSP avec des propositions de solutions, qui seront toutes incluses dans l'évaluation».


■ Le Portugal prolonge la fermeture des frontières avec l'Espagne

Le Portugal prolonge les restrictions de passage aux frontières pour les touristes jusqu'au 15 avril, a annoncé dimanche le ministère de l'Intérieur. Cette mesure avait été mise en place fin janvier pour faire face à l'explosion des cas de Covid-19.

Cette mesure ne s'applique pas au transport de marchandises, aux travailleurs frontaliers et aux services d'urgence notamment.

Cette interdiction n'empêche pas non plus le retour au pays des ressortissants portugais et des personnes ayant un titre de séjour, ni la sortie des citoyens étrangers, souligne le ministère.


■ Troisième confinement en France

En France, depuis samedi soir, les restrictions sont étendues à toute la métropole pour quatre semaines: commerces jugés non-essentiels fermés, déplacements limités à 10 km, et pour la première fois depuis le confinement du printemps 2020, crèches et établissements scolaires fermés.


■ Nouvelles manifestations en Allemagne

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Stuttgart pour manifester contre les mesures sanitaires. Le débat enfle en Allemagne sur un renforcement des restrictions face à la troisième vague.

Les participants ont «ignoré» les demandes répétées de respecter les règles sanitaires, dont le port du masque et la distanciation sociale, a expliqué dans un communiqué la police, sans faire état d'incidents majeurs.

Ce mouvement, opposé aux mesures mises en place pour limiter la propagation du coronavirus, et qui s'est baptisé «Querdenken», ou «Anticonformisme», manifeste régulièrement en Allemagne depuis le début de la pandémie. Il fédère des membres de l'extrême gauche, des adeptes des théories du complot, des détracteurs de la vaccination ainsi que des partisans de l'extrême droite.

Ils étaient entre 15'000 et 20'000 à Cassel le 20 mars dernier pour une manifestation qui a donné lieu à des heurts avec la police et plusieurs interpellations.