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Des forces de sécurité chinoises dans la ville de Kashgar, dans la province de Xinjiang en novembre 2017.
© AP / Ng Han Guan

Asie

De nouvelles preuves démontrent la répression chinoise massive au Xinjiang

L’ONG Human Rights Watch publie des témoignages sur le système d’oppression du gouvernement chinois au Xinjiang. Elle dénonce la détention arbitraire et les violences systématiques sur la population turcophone

Dans la région du Xinjiang, province à forte présence musulmane, Pékin est en train de mener une répression sans précédent contre les communautés turcophones. Le dernier rapport de Human Rights Watch (HRW) assure en apporter des preuves concrètes, récoltées à travers 58 entretiens avec d’anciens habitants qui ont dû fuir la région. Ces témoins dénoncent la détention arbitraire, ainsi qu’un contrôle abusif et systématique de la population musulmane du Xinjiang.

«Les autorités chinoises ont envoyé des milliers de personnes dans des camps d’éducation politique», affirme Maya Wang, chercheuse de HRW. L’ONG ne confirme toutefois pas le chiffre d’un million de détenus articulé par l’ONU. «Dans ces camps, (les prisonniers) sont obligés de chanter des chants de propagande communiste et apprendre le mandarin, qui n’est pas leur langue maternelle. S’ils résistent, ils sont punis physiquement.»

Lire aussi: Xinjiang: Pékin dément des arrestations en masse

Internements pour des raisons arbitraires

«J’ai résisté et ils m’ont isolé dans une cellule de 4 mètres carrés. Ils ne m’ont rien donné à boire ou à manger. J’étais menotté et j’ai dû rester debout 24 heures sans dormir», raconte l’un des témoins interrogés par HRW. Les raisons qui conduisent dans un camp sont souvent arbitraires. Le fait d’avoir visité des pays comme le Kazakhstan, la Turquie ou l’Indonésie, ou plus simplement de porter une longue barbe peut être suffisant.

Les autorités chinoises ont envoyé des milliers de personnes dans des camps d’éducation politique

Maya Wang, chercheuse de Human Rights Watch

Le rapport de Human Rights Watch relève que la population musulmane turcophone – qui compte 13 millions d’individus – est soumise à des restrictions en matière de déplacements, de communication et de liberté religieuse.

«Un système de surveillance massif»

Depuis des décennies, le Xinjang est le théâtre de violences entre les Ouïgours et les Hans, majoritaires en Chine. Avec la guerre en Afghanistan et la montée du djihadisme, le gouvernement de Pékin mène une répression massive dans cette région riche en hydrocarbure et stratégique sur le plan géopolitique au nom de la lutte contre la menace terroriste. Des milliers d’agents la patrouillent.

«Pékin retient qu’il y a un problème de terrorisme au Xinjiang, et que les «idées radicales» de la communauté musulmane doivent être «soignées», explique Maya Wang. «Afin de prévenir cet extrémisme, les individus sont encouragés à espionner leurs voisins. Un système de surveillance massif, qui prévoit des logiciels de reconnaissance faciale et la collecte de données biométriques, est aussi en place.»

Pour tenter de mettre fin à ces violations des libertés, HRW demande aux Etats d’engager des sanctions à l’égard de la Chine et de prendre des mesures conjointes dans le cadre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

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