Deux sociétés accusées de continuer à utiliser de la main d'oeuvre nord-coréenne expatriée à l'étranger, malgré l'expiration d'un ultimatum de l'ONU, ont été sanctionnées par les Etats-Unis mardi. Ces sanctions prévoient un gel des éventuels avoirs de ces compagnies aux Etats-Unis et leur barrent l'accès au système financier américain.

Une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies avait donné jusqu'au 22 décembre dernier à tous les pays pour renvoyer chez eux les travailleurs nord-coréens. Les deux sociétés visées sont la Korea Namgang Trading Corporation, une société nord-coréenne accusée d'avoir encore des travailleurs en Russie, au Nigeria et au Moyen-Orient, ainsi que Beijing Sukbakso, une entreprise chinoise qui gère le logement et le paiement de cette main d'oeuvre expatriée.

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«L'exportation de travailleurs nord-coréens apporte des revenus illégaux au gouvernement de Corée du Nord en violation des sanctions de l'ONU», a protesté le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué. En 2017, des responsables américains avaient affirmé que Pyongyang, soumis par ailleurs à des sanctions économiques draconiennes, avait quelque 100 000 travailleurs expatriés qui lui procuraient près d'un demi-milliard d'euros par an.

Ces travailleurs, selon des défenseurs du droit humain, vivent dans des conditions de quasi-esclavage, leurs gains allant directement dans les caisses du régime de Pyongyang. La grande majorité travaille en Chine et en Russie, mais il y en a eu également dans d'autres régions du monde, notamment en Europe de l'Est, selon des études.

«Seul Kim Jong-un sait ce qu'il a l'intention de faire»

Ces nouvelles sanctions interviennent au moment où le rapprochement engagé il y a deux ans entre Washington et Pyongyang est dans l'impasse, tout comme les négociations sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a menacé le 1er janvier de tester une nouvelle arme et annoncé la fin du moratoire sur les essais nucléaires et de missiles intercontinentaux.

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«On va voir ce qui va se passer. Seul Kim Jong-un sait ce qu'il a l'intention de faire», a dit le ministre américain de la Défense Mark Esper lors d'une conférence de presse commune avec son homologue japonais Taro Kono au Pentagone. «Nous continuons de faire passer le message que nous sommes prêts à nous battre dès ce soir si nécessaire. La meilleure manière d'avancer est celle d'une solution diplomatique qui aboutisse à la dénucléarisation de la Corée du Nord».

Le Japon, qui a des relations particulièrement tendues avec Pyongyang et soutient la pression américaine, espère que «Kim Jong-un puisse choisir le dialogue et prenne la bonne décision pour ses propres concitoyens», a renchéri Taro Kono.

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est lui entretenu avec ses homologues japonais Toshimitsu Motegi et sud-coréenne Kang Kyung-hwa lors d'une rencontre à trois à San Francisco. Après un pic de tensions diplomatiques entre le Japon et la Corée du Sud l'été dernier, ils ont semblé tourner la page en soulignant, selon le département d'Etat américain, que leur coopération trilatérale était «essentielle pour assurer un avenir de paix dans la région».