«Le président a approuvé les endroits choisis pour de nouveaux sites nucléaires», a déclaré Mojtaba Samareh Hachémi, cité par l’agence de presse Ilna, dans une allusion aux nouvelles usines d’enrichissement que l’Iran a annoncé vouloir construire. «La construction de ces sites commencera quand le président en donnera l’ordre», a-t-il ajouté sans donner de précisions sur le nombre et la localisation des sites choisis.

Le 22 février, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (AIEA), Ali Akbar Salehi, a annoncé que son pays entamerait dans l’année la construction de deux nouveaux sites d’enrichissement d’uranium, après qu’ils auraient été approuvés par Mahmoud Ahmadinejad.

Dix usines

Le président iranien a annoncé en novembre 2009 la construction de dix nouvelles usines d’enrichissement d’uranium, en réponse à une résolution de l’AIEA condamnant l’Iran pour sa politique nucléaire.

Téhéran avait été condamné notamment pour avoir dissimulé la construction en cours d’un deuxième site d’enrichissement à Fordo, dans une zone montagneuse à une centaine de kilomètres au sud de Téhéran. «La conception des nouveaux sites est actuellement en cours», a ajouté Mojtaba Samareh Hachémi.

Natanz, capitale nucléaire iranienne

Ali Akbar Salehi avait déclaré en février que «les deux sites auront chacun la même capacité […] que le site d’enrichissement de Natanz», a-t-il affirmé. Le site de Natanz, le seul dont dispose actuellement l’Iran, peut contenir jusqu’à 50’000 centrifugeuses. 8610 y sont installées, dont 3772 en activité. L’Iran a déjà fabriqué dans ce site plus de 2000 kilos d’uranium enrichi à 3,5%, selon l’AIEA.

Ali Akbar Salehi avait précisé que «les nouveaux sites seront construits au cœur des montagnes» pour «être protégés contre toute attaque» aérienne qui pourrait être menée contre les installations nucléaires iraniennes.

Israël, qui redoute comme les Occidentaux que Téhéran ne cherche à se doter de l’arme atomique malgré ses démentis répétés, n’a jamais exclu une frappe militaire contre les sites nucléaires iraniens.

Ali Akbar Salehi avait annoncé que l’Iran a déjà identifié cinq sites pour accueillir les nouveaux centres d’enrichissement, et est «en train d’en identifier cinq autres dispersés à travers le pays». Téhéran a également commencé le 9 février à produire de l’uranium enrichi à 20%, en dépit des protestations et des menaces de sanctions d’une partie de la communauté internationale. Selon Ali Akbar Salehi, l’Iran a déjà produit cinq kilos d’uranium enrichi à 20%.

Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et les trois pays européens (France, Grande-Bretagne et Allemagne) membres du groupe des Six, ont entamé des discussions sur de nouvelles sanctions contre l’Iran.