Le parti d'extrême droite allemand NPD ne craint pas la crise. Le nombre de ses membres n'a cessé d'augmenter depuis quatre ans malgré des scandales dans le Land de Saxe et ses ennuis financiers. Selon un rapport du Verfassungschutz, le service chargé de la protection de la Constitution, le NPD a non seulement gagné des élections régionales en Saxe, à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie, mais il a aussi considérablement renforcé ses structures pour s'imposer comme la principale formation de l'extrême droite, en puisant dans les groupuscules néonazis ou chez les skinheads. L'an dernier, le NPD est passé de 6000 à 7000 membres.

Totalisant chacun plus de 20000 adhérents dans les années 1990, ses deux principaux concurrents à l'extrême droite, le Parti républicain et la Deutsche Volksunion (DVU), sont sur le déclin. La DVU, présente au parlement régional du Brandebourg et de Brême, est vieillissante et aucun dirigeant ne s'affiche pour succéder au patriarche, l'imprimeur bavarois Gerhard Frey. Le Parti républicain, pour sa part, n'existe plus que sous forme de sections locales dans le sud du pays et ses membres rejoignent par poignées le NPD.

Deux scandales

L'an dernier, le NPD a pourtant été secoué par deux scandales en Saxe. D'abord l'exclusion d'un de ses députés régionaux pour cause de malversations financières, puis la découverte de photos pédophiles dans l'ordinateur de son porte-parole. Par ailleurs, malgré la reprise économique, le NPD profite toujours du sentiment d'insécurité et de la précarité sociale qui persistent dans les Länder de l'est, où se recrutent 40% de ses membres.

Même si ses dirigeants sont de petits commerçants ou artisans, des pères de famille portant costume croisé, le NPD recrute beaucoup auprès des néonazis violents, les «Nationalistes libres», organisés en Kameradenschaften. Mais ce recrutement ne va pas sans problème et chocs de cultures, comme l'illustrent les difficultés de la section de Hambourg où les nouveaux venus musclés se sont opposés à la présidente en place. Lors de la dernière assemblée générale, presque tout le comité avait été démissionné avant que le secrétaire général national, Peter Marx, fasse son apparition dans la salle.