La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, les trois signataires européens de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPoA), ont appelé ensemble dimanche à «arrêter l’escalade des tensions et reprendre le dialogue», selon un communiqué commun.

«Nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les États-Unis et à la suite de la décision de l’Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l’accord», expliquent-ils dans ce texte diffusé par l’Elysée. «Par ailleurs», poursuit le communiqué, «nos trois pays sont profondément troublés par les attaques auxquelles nous avons assisté dans le golfe Persique et au-delà, ainsi que par la détérioration de la sécurité dans la région. Nous pensons que le moment est venu d’agir de façon responsable et de rechercher les moyens d’arrêter l’escalade des tensions et de reprendre le dialogue.»

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Penser aux «conséquences possibles»

Pour Paris, Londres et Berlin, «les risques sont tels qu’il est nécessaire que toutes les parties prenantes marquent une pause, et envisagent les conséquences possibles de leurs actions». L’Iran avait décidé en mai, un an après le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord international de 2015 visant à limiter son programme nucléaire, de cesser de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi. Donald Trump avait ensuite imposé de nouvelles sanctions américaines sur plusieurs secteurs économiques iraniens.

Téhéran a annoncé lundi 8 juillet produire désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5%, un niveau prohibé.

L’Iran dit être passé «de la patience à la revanche»

«Nous avons changé notre stratégie en passant de la patience à la revanche […] nous répondrons à chaque action prise par l’autre partie», a déclaré le président iranien Hassan Rohani dimanche, selon le site du gouvernement iranien. «S’ils diminuent leurs engagements dans l’accord, nous les diminuerons aussi. S’ils respectent pleinement leurs engagements, nous ferons de même», a-t-il ajouté.

«Alors que nous continuons de soutenir le JCPoA, sa poursuite dépend du plein respect par l’Iran de ses obligations «, écrivent dimanche les trois Etats européens, pour lesquels «des signes de bonne volonté sont nécessaires de toute urgence, de la part de toutes les parties».

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Les Européens tentent aussi depuis des mois de mettre en place un mécanisme permettant des échanges économiques avec l’Iran malgré les sanctions américaines. Outre les Européens, la Chine et la Russie sont toujours parties à l’accord sur le nucléaire.