Pour Kayhan, un quotidien proche du guide suprême iranien Ali Khamenei, l’équipe de négociateurs du président Hassan Rohani doit obtenir une levée totale des sanctions internationales contre l’Iran. «Si nous ne parvenons pas à cette fin, nous ne serons parvenus à rien», affirme son éditorial.

A l’inverse, Javan, quotidien considéré proche des puissants Gardiens de la révolution, piliers du régime religieux, semble accepter l’idée d’un maintien des sanctions. «Les complications persistantes (dans les négociations) indiquent que notre résultat idéal, la levée complète des sanctions, ne sera pas atteint», écrit le journal.

Mais «quel que soit le résultat, nous serons les gagnants», ajoute-t-il, expliquant que «nous devrions nous sentir battus si nous avions cherché à nous doter de la bombe atomique et avions échoué. Nous n’avons jamais eu cette intention.» Soupçonné de chercher à se doter de l’arme nucléaire, Téhéran affirme que son programme est purement civil, ce dont les grandes puissances cherchent à s’assurer.

Sur la corde raide

Pour le quotidien réformiste Ebtekar, l’attitude intransigeante de Téhéran au cours des négociations avec le groupe «5+1» (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) a mené à une stratégie de la corde raide à Vienne. «Il est naturel, quand on s’approche des derniers moments de jeu, que les deux parties insistent sur des demandes maximales pour (tenter de) gagner le plus de points», écrit le journal.

Mais «les deux parties devraient modérer leurs positions afin d’éviter un échec des négociations et de trouver un accord sur des demandes modérées. (...) Ainsi, elles pourraient sortir pour toujours de l’ombre de la peur» d’une possible action militaire contre l’Iran.

Avant le futur Sénat

Pour Arman, un autre journal réformiste, les pourparlers de Vienne sont la meilleure et la dernière chance de parvenir à un accord avant que le nouveau Sénat américain, désormais à majorité républicaine, durcisse sa ligne contre l’Iran. «Si les négociations sont repoussées, alors, dans les deux mois à venir, les républicains radicaux essaieront d’imposer de nouvelles sanctions, que les démocrates ont empêchées depuis plus d’un an», écrit le quotidien.

«Ceci entraînerait naturellement une réaction iranienne qui péjorerait la situation, pour l’instant calme», ajoute Arman. «Cet aspect, et des dizaines d’autres facteurs, mettent l’Iran et le groupe 5+1 sous la pression de devoir trouver une solution avant que le temps ne soit écoulé.»