Le président américain George Bush a déclaré qu'il n'exclurait pas l'action militaire contre l'Iran tant que Téhéran ne se montrerait pas plus coopératif quant à la nature de son programme nucléaire. Dans un entretien diffusé lundi soir par la chaîne de télévision NBC, le chef de la Maison-Blanche a indiqué qu'il espérait parvenir à régler la question du nucléaire iranien «de façon diplomatique». Le président a toutefois affirmé qu'il n'excluait «aucune option», y compris militaire, contre la République islamique si celle-ci continue «à donner des réponses évasives au sujet de l'existence d'un programme nucléaire militaire».

L'Iran a démenti à plusieurs reprises chercher à fabriquer des armes nucléaires et affirme que ses programmes dans ce domaine ne sont qu'à usage «civil». Téhéran a suspendu en novembre ses activités d'enrichissement d'uranium pour dissiper les craintes internationales relatives à ces programmes.

Le ministre iranien de la Défense, Ali Shamkhani, a immédiatement réagi aux propos de George Bush. Cité mardi par l'agence de presse Mehr, il a assuré que l'Iran, qui a vu les forces américaines renverser les régimes en place chez ses voisins d'Afghanistan et d'Irak, disposait de la force militaire suffisante pour dissuader toute puissance étrangère d'intervenir sur son sol. «Nous pouvons revendiquer le fait que nous avons rapidement produit un équipement dont il a résulté le plus fort élément de dissuasion», ajoute Ali Shamkhani sans plus de précisions. L'agence Mehr, réputée proche du Guide suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a diffusé par ailleurs un éditorial dans lequel elle tourne en dérision les tentatives américaines de déstabilisation du régime iranien.

Commandos américains?

Or, selon le journaliste Seymour Hersh, lauréat du Prix Pulitzer, des commandos américains effectueraient des missions de reconnaissance secrètes en Iran pour y localiser des cibles nucléaires et chimiques potentielles. Lundi, le Pentagone a émis de sévères critiques à l'encontre du journaliste, dont l'article a été publié dimanche dans le New Yorker.