Barack Obama n’a jamais été un animal social dans le Tout-Washington. Socialiser avec des membres du Congrès et des républicains en particulier n’a jamais été sa tasse de thé. Au cours de sa première année à la Maison-Blanche, il a bien essayé d’organiser des réceptions le mercredi soir avec des membres de la Chambre des représentants ou du Sénat. Mais voyant que les républicains n’avaient qu’un objectif, l’éjecter de la Maison-Blanche lors des élections de 2012, il a laissé tomber.

Le président démocrate s’est d’ailleurs fait un point d’honneur de participer, à la Maison-Blanche, au dîner familial de 18 h 30 avec son épouse Michelle et ses filles Sasha, 11 ans et Malia, 14 ans. Il estime que c’est une phase importante dans la vie de ses filles et qu’il importe d’être présent. Cette attitude est saluée par ceux qui pensent que le président manifeste un respect pour la famille. D’autres relèvent que cela dénote l’incapacité de Barack Obama à vraiment traiter avec le Congrès.

Il est vrai que Barack Obama est en quelque sorte l’antithèse du président Lyndon B. Johnson, dont la capacité à travailler avec et à convaincre le Congrès était phénoménale. C’est pour cela qu’il a réussi à faire passer deux des lois les plus importantes de ces 40 dernières années, le Civil Rights Act (1964) et le Voting Act (1965). Barack Obama, lui, a pu en partie compenser cette lacune grâce à son chef de cabinet de l’époque, Rahm Emanuel, rompu à l’exercice, qui l’a aidé notamment pour faire passer sa réforme de la Santé.

Conseillère du président démocrate sur lequel elle exercerait une forte influence, Valerie Jarett en est convaincue. L’impératif du dîner de 18h30 découle de l’histoire personnelle de Barack Obama qui fut quasiment abandonné par son père et qui fut élevé en partie par sa mère, en partie par ses grands-parents d’Hawaï.

Lire la suite sur le blog de Stéphane Bussard, correspondant du «Temps» aux Etats-Unis