L’OTAN reste « l’Alliance la plus efficace au monde ». D’emblée, Barack Obama a donné le ton lors de sa conférence de presse de clôture du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) à Lisbonne.

Le président américain, qui termine ce soir sa visite au Portugal par un entretien avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José-Manuel Barroso, a listé quatre succès majeurs obtenus en deux jours: la convergence de vues des alliés sur les opérations en Afghanistan, l’adoption du nouveau concept stratégique de l’OTAN pour 2010-2020, la décision d’aller de l’avant avec un futur bouclier antimissile et la confirmation d’une politique offensive de désarmement nucléaire avec la Russie.

La « transition » est bien le mot clef pour l’Afghanistan. Avec pour horizon un transfert maximal de responsabilité militaire aux autorités afghanes d’ici la fin 2014. Mais contrairement aux autres responsables de l’Alliance, Barack Obama est resté ferme sur la première échéance. « Les conditions seront réunies pour que les premiers retraits aient lieu en 2011 » a réaffirmé le président américain qui n’a pas caché les difficultés rencontrées entre les forces étrangères et l’administration afghane.

Franc, le locataire de la Maison-Blanche a reconnu que des divergences apparaitraient sans doute encore lors de cette transition avec le président Hamid Karzai, auquel il a demandé expressément de comprendre les impératifs de sécurité de la coalition de 130’000 soldats placés sous le commandement de l’OTAN et dirigés actuellement par le général David Petraeus. Pas un mot en revanche sur d’hypothétiques négociations et sur les conditions politiques d’un processus de paix « global » tel qu’évoqué avant par le secrétaire général des Nations unies. Barack Obama, centré sur la sécurité, a en outre confirmé que des forces anti terroristes demeureraient en Afghanistan au delà de 2014, positionnées dans des « plate-formes » à travers le pays.

Le plaidoyer le plus vigoureux du président des Etats-Unis a toutefois porté sur le traité de désarmement nucléaire START avec la Russie, dont il a fait sa priorité. Très convaincant, Barack Obama a lancé un appel à ceux qui, à Washington et du coté du parti républicain victorieux lors des dernières élections législatives, estiment insuffisants les progrès enregistrés et s’opposent à une ratification de l’accord destiné à réduire les arsenaux atomiques des deux pays et à en faire contrôler la réduction.

« Nous ne disposons en ce moment d’aucun mécanisme de vérification. C’est la pire des situations » a expliqué Barack Obama, rappelant qu’il a reçu à Lisbonne le soutien de « tous les pays européens, y compris ceux voisins de la Russie ». Les négociations START vont reprendre bientôt à Genève. Elles constituent, selon lui, un excellent moyen de maintenir des relations constructives avec la Russie, dont le président Dimitri Medvedev était pour la première fois ce samedi invité à un sommet de l’OTAN. Moscou, c’est désormais confirmé, participera au projet de bouclier antimissile sur lequel l’Alliance va plancher, pour une mise en oeuvre à l’horizon 2020.

Mission réussie donc pour Barack Obama qui repart de Lisbonne avec une Alliance en ordre de marche, résolument tournée vers l’avenir pour faire face aux « nouvelles menaces ». L’annonce finale du président Américain a d’ailleurs confirmé son leadership: c’est en 2012, aux Etats-Unis, que se tiendra le prochain sommet de l’OTAN.