Le président des Etats-Unis Barack Obama a salué jeudi un événement «historique» après avoir signé le nouveau traité de désarmement START avec son homologue russe Dmitri Medvedev à Prague. Barack Obama a affirmé que cet accord allait «rendre les Etats- Unis et le monde plus sûrs».

La signature du nouveau traité de désarmement nucléaire va ouvrir une «nouvelle page» dans les relations entre la Russie et les Etats- Unis, a déclaré pour sa part le président russe Dmitri Medvedev. Les deux président s’exprimaient lors d’une conférence de presse commune qui a suivi la cérémonie de signature.

Le président américain a déclaré que son pays et la Russie souhaitaient que l’Iran subisse les «conséquences» de son attitude sur le dossier nucléaire, et oeuvraient pour que les Nations unies imposent des sanctions «fortes» à la République islamique.

Les deux dirigeants se sont rencontrés sous un grand soleil dans les jardins du château de Prague devant lequel le président américain, prix Nobel de la Paix 2009, a prononcé il y a un an un discours clé appelant à un monde sans arme atomique.

Ils ont ensuite posé pour les photographes devant le vaste panorama des toits de Prague, flanqués des drapeaux de leurs pays, avant d’entamer une rencontre bilatérale, sans faire de déclaration à la presse. Côté américain, la délégation compte la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le conseiller de Barack Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones.

Barack Obama venait d’arriver en République tchèque à bord de l’avion présidentiel Air Force One tandis que son homologue russe était arrivé la veille en provenance de Slovaquie.

La cérémonie de signature formelle du nouveau traité START est prévue vers la mi-journée dans la salle espagnole richement décorée du château de Prague. Lors des entretiens en tête-à-tête entre MM. Medvedev et Obama, il devrait en particulier être question du dossier nucléaire iranien, a confirmé le porte-parole du président des Etats-Unis, Robert Gibbs, pendant le voyage vers Prague à bord d’Air Force One.

Toutefois, Robert Gibbs a indiqué «qu’aucune décision ne devrait sortir aujourd’hui de cette rencontre» entre les deux présidents, le dossier d’éventuelles sanctions contre la République islamique étant débattu en ce moment à l’ONU à New York.

Les deux hommes pourraient aussi aborder l’épineuse question du bouclier antimissile américain, que le nouveau traité START a laissé ouverte, et la situation au Kirghizstan, sur laquelle Barack Obama a été informé par son équipe de sécurité nationale selon Robert Gibbs.

La question kirghize

En proie à une révolte populaire qui a renversé le gouvernement, ce pays d’Asie centrale, ancienne république soviétique, accueille aussi une base militaire américaine, vitale pour les opérations de l’Otan en Afghanistan.

Moscou et Washington s’engageront à réduire le nombre de leurs ogives nucléaires à 1550 chacun, soit une baisse de 74% par rapport à la limite du traité START, acronyme de «Strategic Arms Reduction Talks» (Pourparlers sur la réduction des armes stratégiques), accord signé en 1991 mais arrivé à expiration fin 2009.

La cérémonie de jeudi qui sera suivie d’une conférence de presse, scelle la réussite de négociations serrées menées à Genève pendant de longs mois entre les deux parties. Pour prendre effet, le nouveau traité devra être ratifié tant par la Douma (chambre basse) russe que le Sénat américain.

Le «nouveau START» traduit l’obsolescence de «l’équilibre de la terreur», mais aussi les nouvelles réalités géopolitiques, où les armes nucléaires sont inopérantes face aux menaces d’attentats meurtriers à New York ou Moscou.

Et pour la Russie, ce traité est l’occasion de retrouver une «parité» stratégique avec les Etats-Unis, 20 ans après le début du délitement de l’URSS et de sa sphère d’influence. Ancien membre du Pacte de Varsovie, la République tchèque a ainsi rejoint l’Otan en 1999. Dmitri Medvedev doit quitter Prague jeudi en milieu de journée. M. Obama conclura sa visite 24 heures plus tard, après des entretiens bilatéraux vendredi matin avec son homologue tchèque Vaclav Klaus et le Premier ministre Jan Fischer.