«Je pense que le Congrès des Etats-Unis doit aux Américains un vote final sur la réforme de l’assurance-maladie. Nous en avons débattu non seulement l’année passée, mais depuis des décennies», a déclaré M. Obama lors d’un discours solennel à la Maison-Blanche. «La réforme a déjà été votée à la Chambre à la majorité. Elle a déjà été votée au Sénat avec une majorité qualifiée de 60 voix» sur 100, a rappelé le président, symboliquement entouré de membres du corps médical en blouse blanche.

Mais ce projet emblématique du début du mandat de M. Obama a connu un coup d’arrêt brutal après la victoire d’un républicain lors d’une élection partielle le 19 janvier, qui a réduit les démocrates à 59 au Sénat alors que le processus d’harmonisation des deux textes n’était pas terminé.

Selon le président, cette réforme «mérite le même vote final que la réforme de l’assurance-maladie publique, du programme d’assurance-maladie pour les enfants, la couverture maladie pour les chômeurs, et les deux réductions d’impôts de (l’ancien président George W.) Bush, qui ont toutes été adoptées au Congrès avec rien d’autre qu’une majorité simple».

Le président a ainsi fait allusion à la tactique controversée de «réconciliation» qui permettrait l’adoption d’une réforme en se passant des votes des républicains au Sénat. Les démocrates avaient agité la menace de l’utilisation d’une telle arme législative si l’opposition persistait à vouloir bloquer le texte.

«J’ai donc demandé aux dirigeants des deux chambres du Congrès de finir leur travail et de programmer un vote dans les toutes prochaines semaines», a poursuivi M. Obama. Des sources au Congrès ont mentionné le début des vacances parlementaires de Pâques, le 26 mars, comme une date butoir souhaitée par les responsables démocrates.

M. Obama, qui ira en Indonésie et en Australie dans la deuxième quinzaine de mars, a promis d’ici au vote, de «faire tout ce qui est en (son) pouvoir pour défendre la réforme». Il se rendra à cet effet la semaine prochaine dans les régions de Philadelphie et Saint-Louis.

Les républicains ont immédiatement mis en garde M. Obama contre un passage en force. Le chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell, a affirmé que dans ce cas, les élections législatives de novembre auraient «valeur de référendum sur cette question». L’opposition estime que le plan présenté est trop cher, impopulaire et qu’il fera grimper les coûts des primes d’assurance.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a de son côté salué un «appel à la mobilisation». «Nous utiliserons la majorité simple afin d’améliorer la loi, via une procédure employée pour adopter des lois dans le passé par les démocrates aussi bien que les républicains», a-t-elle promis.

M. Obama avait lancé ces derniers jours une offensive pour tenter de se concilier des parlementaires républicains. Mardi encore, il avait proposé d’inclure certaines des idées de l’opposition dans son projet, qui prévoit de fournir à 31 millions d’Américains la couverture santé dont ils sont dépourvus dans un système dominé par les assureurs privés. Sans aller jusqu’à instaurer une assurance-maladie publique, M. Obama veut davantage réguler le marché et protéger les Américains des abus de ces sociétés.