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Revue de presse

#ObamaenCuba, la visite numérique historique

Le président des Etats-Unis chez Raul Castro: le moment est marquant. Sur les réseaux, il cartonne aussi

Tout avait déjà commencé à la veille de sa visite historique à Cuba, comme l'explique La 1ère d'outre-mer de France Télévisions. Samedi soir, le président américain s'est d'abord prêté au jeu d'un petit sketch avec un célèbre humoriste cubain dans une vidéo publiée samedi soir sur Facebook par l'ambassade américaine à La Havane. Il faut rire de bon cœur:

Dans ce film de trois minutes et demie, le comique Panfilo simule un appel à la Maison-Blanche. Détendons l'atmosphère. Et du coup – on l'avait presque oubliée, celle-ci – réapparaît aussi sur les réseaux la prophétie invérifiable mais mythique de 1973, avec Che Guevara et Fidel Castro regardant fièrement au loin et dissertant sur la fin du blocus américain sur l'île caraïbe:

Comme le dit entre autres le site belge 7 sur 7, la visite restera donc «gravée dans les mémoires». Et  voici que fait fortune «#ObamaenCuba: à visite historique, hashtag historique, fait remarquer la Deutsche Welle. La photo ci-dessous, de Reuters, postée, re-postée, encore et encore, «hautement symbolique, lui sera à jamais associée». Cliché habile, mais ambigu, qui associe Air Force One à un pâté de maisons fatiguées, à des lignes électriques aux poteaux branlants  et surtout aux mythiques vieux tacots qui sillonnent l'île de Cuba:

Pour un tel événement, il la fallait, cette «photographique qui marque», selon 20 Minutes France. Elle remplit son rôle. Mais avec le critère de recherche «Air Force One» sur Twitter, «le cliché divise les réseaux sociaux en deux camps bien distincts», relate Le Huffington Post: «Il y a ceux pour qui la photographie illustre parfaitement ce rapprochement entrepris par les deux pays. Pour l’autre camp, en revanche, le cliché montre la toute-puissance de l’Etat américain venant imposer son modèle capitaliste sur une île qui lui avait échappé jusque-là. Le cliché (...) n’est pas signé. La seule mention «correspondant» est signalée. Selon les journalistes qui en discutent sur Twitter, il est probable qu’il s’agisse d’un photographe cubain qui aurait préféré garder l’anonymat pour des raisons de sécurité.»

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Puis, juste avant d'atterrir à La Havane, Obama déclare sur sa page FB à lui: «Je suis venu à La Havane pour enterrer le dernier vestige de la Guerre froide dans cette région et pour marquer une nouvelle ère qui contribue à améliorer la vie quotidienne des Cubains.» Et quelques secondes après son atterrissage sur l'aéroport Jose-Marti, il twitte: «Comment ça va Cuba?», en espagnol. Dans ce langage très populaire qui démontre sa volonté d'une communication empathique:

A la suite de quoi, ça se gâte. Donald Trump entre en scène et twitte: «Wow. Le président Obama vient d'atterrir à Cuba, un moment important, et Raul Castro n'était même pas là pour lui donner la bienvenue. Il a reçu le pape et d'autres, quel manque de respect», raille le candidat républicain à la présidentielle: 

Mais il n'est pas le seul à se moquer. Zoé Valdés, la célèbre romancière, poète et scénariste cubaine exilée en France commente également la visite de manière très suivie sur son compte Twitter, rapporte Ouest-France. «Obama arrive à La Havane après la répression», glisse-t-elle avec une photo d'arrestations qui se sont déroulées dimanche:

Sur son site internet, elle ironise également sur «les seaux d’eau» de pluie reçus par le couple Obama à sa sortie de l’avion. Raul Castro n'est pas là, remarque-t-elle aussi. «Entorse au protocole ou signe d'une santé déclinante? Obama reçu comme un obscur président du tiers monde», déplore-t-elle. Pire: «Les fleurs offertes au président semblaient arrachées à un buisson voisin» et «quand l’avion a atterri, la télévision cubaine passait un vieux concert».

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A la fin de la journée de lundi, comme le veut l'usage, les deux présidents se serrent la main, et Raul Castro oublie le protocole en tentant de lever le bras de son homologue: il le saisit par le poignet. Mais en vain. Obama n'accompagne pas le mouvement, il attend que le chef d'Etat cubain renonce à l'impulsion.

Coup de tonnerre sur les réseaux sociaux, avec une photo pour le moins étonnante d'un Obama souriant faisant signe aux journalistes de la main droite, tandis que son bras gauche est maintenu à mi-hauteur par un Raul Castro légèrement en retrait.

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Les internautes ironisent sur la «main molle». «Parmi les entreprises internationales présentes dans le pays», se souvient alors le site Challenges.fr, le groupe français Pernod Ricard, qui exploite la marque de rhum cubain Havana Club, est aux premières loges et compte bien profiter du réchauffement diplomatique pour écouler des millions de bouteilles sur le plus gros marché du monde qui lui était jusque là fermé pour cause d’embargo.» Titre: «Obama va-t-il accepter un mojito à Cuba?» D'autres gags fusent, les fous d'archives se réveillent – l'occasion est trop belle:

Et pendant ce temps, plus sérieux, Le Grand Soir, le «journal militant d'information alternative» conseille: «Obama, ne perdez pas l’occasion de faire quelque chose d’historique.» Il publie un très longue article où il s'entretient avec «deux des plus importants penseurs contemporains de Cuba», Fernando Martínez Heredia et Jesús Arboleya, qui ont participé mercredi passé à une transmission en direct sur Internet à travers deux importants réseaux sociaux, Spreaker et YouTube, où «Cubadebate, Contre le terrorisme médiatique» est actif:

«Bien entendu, le thème de la conversation a été celui qui prédomine dans les médias et dans la rue à Cuba», ce «moment singulier dans l’histoire des relations entre l’île et les Etats-Unis», après qu'Arboleya eut publié dans Progreso Semanal un article passionnant intitulé «La signification de la visite de Barack Obama à Cuba». Et là, on n'est vraiment plus dans l'anecdote.

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