Obstacles et espoirs sur le nucléaire iranien

Diplomatie Le groupe 5+1 et l’Iran reprennent jeudi les négociations à New York

Ce jeudi, l’Iran et les six puissances (groupe 5 +1, Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) reprennent les négociations sur le programme nucléaire iranien au siège des Nations unies ainsi qu’à la mission de l’Union européenne à New York. Le choix de la Grande Pomme n’est pas anodin. La ville va accueillir ces prochains jours près de 140 chefs d’Etat dans le cadre de la 69e Assemblée générale des Nations unies.

Si par le passé les parties aux négociations ont préféré la discrétion de Genève et de Vienne, elles ne craignent pas aujourd’hui de donner aux pourparlers une visibilité sans précédent. A cet égard, New York reste un symbole, celui du dégel des relations américano-iraniennes après l’appel téléphonique historique entre les présidents Barack Obama et Hassan Rohani en marge de l’ONU en septembre 2013. L’événement a favorisé la conclusion de l’accord intérimaire de Genève. Un plan d’action conjoint a vu le jour qui a atténué l’effet des sanctions contre l’Iran. En contrepartie, Téhéran a gelé l’enrichissement d’uranium à 5% et a dilué les stocks déjà enrichis à près de 20%.

Contexte particulier

Arrivé mardi à New York, le chef de la délégation iranienne Mohammad Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères, entame son séjour par un déjeuner de travail ce mercredi avec la cheffe sortante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et par différentes rencontres bilatérales avec des représentants du groupe 5+1.

Le rendez-vous new-yorkais demeure à haut risque. La situation internationale a créé un contexte particulier. Ces derniers jours, Iraniens et Américains ne cessent de souffler le chaud et le froid sur une éventuelle coopération pour combattre l’Etat islamique qui sévit en Irak et en Syrie. De plus, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a sommé lundi les Iraniens de se montrer plus transparents. Téhéran n’a pas répondu aux demandes de l’agence au sujet de sa recherche sur des détonateurs qui pourraient servir à la constitution d’une bombe. Il n’a pas non plus donné des éclaircissements sur des études qui pourraient servir à calculer la puissance explosive d’une arme nucléaire.

Droit à l’enrichissement

Les obstacles à la conclusion d’un accord global d’ici à la date butoir du 24 novembre restent importants. Le premier concerne la question de l’enrichissement d’uranium. Les six puissances négociatrices, les Occidentaux avant tout, exigent de l’Iran qu’il réduise ses capacités d’enrichissement alors que Téhéran souhaite les développer à une échelle «industrielle». L’écueil ne sera pas facile à lever. Les Occidentaux craignent qu’en conservant de telles capacités (plus de 19 000 centrifugeuses), la République islamique puisse facilement fabriquer une bombe. Signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), Téhéran estime avoir le droit d’enrichir de l’uranium à des fins civiles. La possible levée progressive des sanctions contre l’Iran est aussi centrale comme la durée d’un accord. Pour les Américains, celui-ci doit s’étendre au moins sur dix ans. Pour les Iraniens, la durée doit être bien plus courte. Une percée dans les discussions dépendra d’un facteur essentiel: la confiance.

L’incapacité de conclure un accord final d’ici au 24 novembre serait-elle fatale? Beaucoup en doutent d’autant que cela fait plus de huit ans que les puissances négociatrices tentent de résoudre la question. En vain. Désormais, même si en Iran son état de grâce est terminé, Hassan Rohani, pragmatique, demeure l’espoir d’une résolution du dossier qui permettrait de libérer l’économie iranienne.