Alors que depuis le 7 juillet, les rebelles hutus des Forces nationales de libération (FNL) sont engagés dans une vaste offensive sur la capitale burundaise, ambassades et ONG occidentales ont accéléré, mardi, l'évacuation de leurs membres. «Il y a des tas de morts à Bujumbura, certains secteurs de la ville sont de véritables abattoirs», a déclaré un diplomate américain à son arrivée à Nairobi. Outre une quinzaine de diplomates et membres d'agences gouvernementales américains et leur famille, plus de 30 Français, 20 Belges, 10 Italiens et 15 Allemands collaborant à des ONG européennes ont quitté Bujumbura lundi et mardi.

Sur le terrain, les rebelles du FLN ont tiré à nouveau plusieurs obus sur Bujumbura dans la nuit de lundi à mardi, sans faire de victime. Depuis son déclenchement le 7 juillet, la plus vaste offensive des rebelles sur la capitale depuis dix ans a déjà fait plus de 200 morts. «Nous allons porter la guerre sur Bujumbura, jusqu'à ce que nos frères tutsis acceptent de négocier directement avec nous», avait averti le porte-parole des FLN.

Par ailleurs, alors que les chefs d'Etat de la région doivent se retrouver le 20 juillet à Dar es-Salaam pour tenter de ramener la paix au Burundi, le président ougandais Museveni a proposé mardi l'envoi d'une force régionale d'interposition pour mettre fin à l'offensive du FNL. Outre l'Ouganda, l'initiative régionale regroupe la République démocratique du Congo, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l'Afrique du Sud, alors que le Nigeria et le Ghana interviennent en qualité d'observateurs.