Les menaces israéliennes contre le Hamas se faisaient dimanche de plus en plus pressantes, à mesure que s'effaçait l'espoir d'une solution négociée pour le soldat israélien capturé, après un raid aérien contre les bureaux du premier ministre Ismaïl Haniyeh.

La branche armée du Hamas a mis en garde Israël contre des représailles sur ses infrastructures et bâtiments gouvernementaux si la campagne de raids aériens se poursuivait. «Les brigades Ezzedine al-Qassam mettent l'ennemi sioniste en garde. Si ses opérations continuent, nous frapperons les mêmes cibles de l'occupation que nous nous refrénions d'attaquer auparavant», selon un communiqué de leur porte-parole Abou Obeida.

L'attaque israélienne contre les bureaux du premier ministre marque une nouvelle étape dans les pressions militaires exercées pour contraindre le Hamas à agir pour la libération d'un soldat israélien enlevé il y a une semaine à la lisière de la bande de Gaza. «J'ai donné ordre à l'armée et aux forces de sécurité d'agir avec toute leur puissance pour poursuivre les terroristes, leurs idéologues et ceux qui leur offrent protection», a affirmé le premier ministre Ehoud Olmert. «Nous ferons tout, je dis bien tout, pour libérer le soldat. [...] Je le répète: personne ne sera épargné», a-t-il insisté.

«Empêcher de gouverner»

«L'attaque contre le bureau d'Ismaïl Haniyeh s'inscrit dans le cadre de nos efforts visant à porter atteinte aux capacités du gouvernement du Hamas à contrôler la situation et à gouverner», a précisé le ministre de l'Intérieur Roni Bar-On. Le vice-premier ministre Shimon Peres a déclaré dans un entretien diffusé dimanche sur CNN que les ministres du Hamas arrêtés ces derniers jours par les Israéliens seraient jugés pour participation à des actes terroristes.

Le service de sécurité intérieure israélien Shin Beth a annoncé avoir déjoué en juin une première tentative d'enlèvement et d'assassinat d'un soldat par des activistes palestiniens des Comités de la résistance populaire, l'un des groupes qui ont revendiqué la capture du soldat Gilad Shalit. Son père, Noam Shalit, qui a la nationalité française, a appelé les autorités françaises à poursuivre leurs efforts pour la libération de son fils.

Les efforts de médiation approchaient de l'impasse, selon le porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. «Les efforts se poursuivent mais pour l'instant en vain. Nous sommes proches de l'impasse», a déclaré Nabil Abou Roudeina après un entretien entre le leader palestinien et un émissaire des Nations unies, Alvaro de Soto, à Gaza.