Il a organisé la libération de 15 personnes au terme de quatre mois d’opérations menées entre la Turquie, le Liban et la Syrie. Mais ce samedi, Oleg Melnikov, 28 ans, est lui-même face à un dilemme qui risque de lui coûter sa liberté. Il doit quitter la Turquie car son droit de séjour s’est achevé vendredi, mais s’il rentre en Russie – ce qu’il souhaite ardemment – il risque la prison.

Lorsque Le Temps rencontre Oleg Melnikov à la mi-octobre à Istanbul, il se démène pour extraire une jeune fille russe du chaudron d’Idlib, où elle est retenue contre son gré par son père. Accoudé à la table d’un restaurant sous le pont de Galata, il pianote sur son portable. Un pli profond lui barre le front: «Alors, tu as trouvé un client?» Au bout du fil, Micha, un collègue de l’ONG Alternativa à Moscou. Oleg se dépêche de vendre son camion-citerne pour lever des fonds. Dans une vie antérieure, ce camion lui servait pour revendre du diesel dans le Donbass déchiré par la guerre. A court de fonds, Oleg a besoin de 2000 euros de toute urgence pour permettre à la jeune fille de franchir légalement la frontière turque. Leila a fui son père, un islamiste radical. «Je ne sais pas pourquoi je tiens tant à elle, soupire l’activiste, mais c’est comme ça. Je ne peux pas la laisser tomber maintenant, j’ai passé déjà tant de temps à la sauver.»