Dans le cadre d’une initiative de mobilisation de la «love army» des internautes, la vedette du cinéma Omar Sy est apparu en direct vidéo sur internet depuis un camp de réfugiés rohingyas du sud du Bangladesh.

On y voyait l’acteur d’«Intouchables», accompagné d’autres personnalités du monde du rap et de l’internet, se promener dans ces cités de tentes, interroger des réfugiés sur leur vie et répondre aux questions des utilisateurs des réseaux sociaux.

Cette opération a été lancée par une star française des réseaux sociaux, Jérôme Jarre. Elle doit se poursuivre pendant 48h et est destinée à lever des fonds en solidarité avec les Rohingyas.

Des camps à perte de vue

Plus de 620 000 musulmans rohingyas de Birmanie sont passés au Bangladesh depuis trois mois pour fuir des opérations de l’armée birmane et de milices bouddhistes, des violences considérées par l’ONU comme une épuration ethnique.

Les réfugiés apportent avec eux des récits de massacres, viols collectifs et de villages brûlés. Cette marée humaine s’entasse dans de gigantesques camps qui s’étendent à perte de vue, et où règne une misère noire.

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Dans une vidéo postée lundi soir sur ses comptes officiels, Omar Sy indiquait vouloir avec cette initiative «solliciter le monde entier».

Les Rohingyas «ont besoin de (biens de) première nécessité. Il y en a certains qui ont besoin de lumière, certains qui ont besoin de chaussures, de médicaments, un tas de trucs et de choses comme ça, et ça on peut le faire!», y déclare le Français, qui partage sa vie entre Paris et Los Angeles.

Jérôme Jarre, qui s’était fait connaître en 2013 sur le réseau social Vine, avait déjà procédé à des opérations #LoveArmy similaires pour la Somalie et le Mexique. Considérés comme des étrangers dans une Birmanie à 90% bouddhiste, les Rohingyas représentent la plus grande communauté apatride du monde.

Depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, ils sont soumis à de nombreuses restrictions: ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation, et ils n’ont accès ni au marché du travail, ni aux services publics (écoles et hôpitaux).