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Les grandes puissances sont tombées d'accord vendredi sur un plan de pauix pour la Syrie.
© TIMOTHY A. CLARY

Syrie

Etre optimiste pour la Syrie?

Le Conseil de sécurité a adopté vendredi soir un texte de compromis qui esquisse un règlement politique du conflit pour la première fois en quatre ans. C'est sur le terrain que l'on verra véritablement la portée de l'accord 

La résolution 2254 prise par le Conseil de sécurité vendredi soir est ambitieuse. Elle ouvre de sérieuses perspectives pour la mise en place d’un cessez-le-feu partiel au moins dès le début de l’année prochaine. Surtout, pour la première fois, un texte contraignant explique comment la transition démocratique devrait se passer. Condition sine qua non: la Russie n’y a pas opposé son droit de veto.

L’ONU se donne six mois pour créer un gouvernement de transition et dix-huit pour organiser sous son contrôle et non celui du président Bachar el-Assad des élections démocratiques. Autre nouveauté qui va dans le sens d’une alternative politique au régime actuel, la diaspora syrienne, c’est-à-dire les millions de réfugiés à l’étranger, pourra voter. Mais comme l’ont rappelé l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, et le secrétaire d’Etat américain John Kerry, la tâche sera colossale et les difficultés innombrables avant que la paix puisse prévaloir en Syrie.

Dès janvier, des représentants de Damas et de l’opposition devraient entamer des discussions sur la composition d’un gouvernement provisoire. A n’en pas douter, le dialogue sera houleux, car les positions diffèrent. Parallèlement, Staffan de Mistura commencera des négociations avec les acteurs du conflit pour mettre en place un cessez-le-feu global, à l’exception des opérations visant l’Etat islamique (EI).

C’est sur le terrain que l’on verra véritablement la portée de l’accord. Soit les armes se taisent et le processus politique aboutissant à des élections s’embraye, soit la guerre continue et tout est à refaire. Les grandes puissances à l’origine de la résolution arriveront-elles à convaincre les factions, groupes et armées qui jour après jour mènent le combat? Moscou devra déployer de sérieux arguments pour avoir raison de la détermination jusqu’au-boutiste de Bachar el-Assad.

D’autre part, les représentants de l’opposition et des groupes armés réunis à Riyad le 10 décembre dernier pour bâtir une opposition unifiée devront se faire obéir par les troupes sur le terrain, ce qui n’est pas gagné.

Définir le périmètre de l’opposition

Autre difficulté: le périmètre de l’opposition dite acceptable. Un consensus existe sur l’EI, exclu de l’opposition et désigné comme cible à abattre. En revanche, beaucoup d’autres groupes, notamment Jabhat al-Nosra et Ahrar al-Sham constituent des pommes de discorde entre les Etats du Golfe dont l’Arable saoudite, les Etats-Unis et les Russes.

La résolution signée à New York pourrait déclencher l’enthousiasme, si l’on n’était pas en Syrie où quatre ans d’une guerre abominable ont rendu tout optimisme vain. Depuis le début du conflit, les pires prévisions s’y sont toujours réalisées. Ces derniers jours, l’armée syrienne et son allié russe ont abondamment bombardé les populations civiles. Pour que l’accord trouvé soit suivi d’effet, il faudra que chacune des parties y mette de la bonne volonté. C’est ce qui a manqué jusqu’à maintenant.

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