«Nous avons été pris de court, nous ne savions pas qui se trouvait à bord.» Peu après l’abordage du Mavi Marmara le 31 mai dernier, les commandos de l’armée israélienne ont déclaré que les renseignements dont ils disposaient sur les passagers de cette première «Flottille de la liberté» étaient «nuls, erronés, insignifiants et obsolètes».

Tout porte cependant à croire que ce ne sera plus le cas pour les prochains convois, puisque l’état-major de Tsahal (l’armée) a demandé aux services de renseignement d’accentuer la surveillance des organisations pro-palestiniennes impliquées dans l’organisation des flottilles. Jusqu’à présent, les services israéliens ne s’étaient par exemple pas vraiment intéressés à l’organisation islamiste turque IHH. Or, ils viennent de l’inscrire sur leur liste d’«organisations terroristes». Les agents israéliens cherchent à connaître les détails techniques des convois (nombre de bateaux, tonnage, etc.), mais ils sont d’abord intéressés par leurs passagers.

Deux «gros poissons»

«Après avoir renvoyé tous les participants à la première «Flottille de la liberté» vers leur pays d’origine, les analystes du Shabak (la Sûreté générale) se sont rendu compte que deux personnes considérées comme des «gros poissons» se trouvaient à bord, raconte le chroniqueur militaire Alon Ben David. Le premier est un Palestino-Néerlandais impliqué dans l’organisation de filières de financement pour le Hamas et le second est un Syrien soupçonné de travailler pour les renseignements iraniens. Croyez-moi, si nos services avaient su cela avant l’abordage du Mavi Marmara, ils n’auraient jamais laissé repartir ces deux hommes malgré la pression internationale.»