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Des Ouïgours blanchis risquent de finir leurs jours en prison

Les avocats de cinq Ouïgours se trouvant encore dans la base militaire américaine craignent que leurs clients ne passent la fin de leurs jours en prison. Les détenus avaient refusé l’offre de l’archipel pacifique de Palau et ont du coup perdu le bénéfice de leur blanchiment par la justice

Tous les détenus de Guantanamo ne connaissent pas la même fortune que les deux Ouïgours accueillis dans le Jura. Les avocats de cinq Ouïgours se trouvant encore dans la base militaire américaine craignent que leurs clients ne passent la fin de leurs jours en prison.

Dans des documents judiciaires dont l’AFP s’est procuré une copie, les avocats des ces cinq Ouïgours demandent à la cour d’appel de Washington de rouvrir le dossier. Ils exigent que leurs clients, blanchis de toute accusation, puissent être libérés aux Etats-Unis au moins provisoirement.

D’une île à une autre

Un juge fédéral leur avait donné ce droit en octobre 2008 mais sa décision a ensuite été cassée en appel, dans la mesure où tous les Ouïgours avaient fait l’objet d’une proposition d’accueil de la part de pays tiers. Dix-sept d’entre eux ont accepté ces propositions, les cinq restant ont refusé l’offre de l’archipel pacifique de Palau.

«Après avoir été obligés à un exil contre leur gré dans une île, ils ont simplement refusé de se porter volontaires pour une autre», ont souligné les avocats pour expliquer ce refus. Or, «en refusant d’aller volontairement à Palau, un endroit dont la plupart des Américains n’ont jamais entendu parler», les cinq détenus ont perdu le bénéfice de leur blanchiment par la justice.

Impasse

Dans son argumentaire devant la cour d’appel, le gouvernement Obama estime en effet que la bataille judiciaire est terminée et que le tribunal doit clore le dossier. Selon leurs défenseurs, «cette capitulation du pouvoir judiciaire devant le pouvoir exécutif» pourrait bien laisser leurs cinq clients «en prison pour toujours».

Les Etats-Unis se refusent à renvoyer en Chine les membres de cette minorité turcophone et musulmane arrêtés par erreur fin 2001 en Afghanistan. Le risque de persécutions y est trop grand.

La Suisse héberge deux ex-détenus ouïgours de Guantanamo. Ces frères se sont installés fin mars dans un appartement de Delémont. Un troisième ex-prisonnier, de nationalité ouzbèke, réside pour sa part dans le canton de Genève depuis le début de l’année

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