Catastrophe

Ouragan Maria: renforcé en catégorie 2

Les Caraïbes, ravagées par Irma il y a une dizaine de jours, étaient en état d'alerte lundi face à l'arrivée imminente d'un nouvel ouragan de catégorie 2. Il devrait gagner en puissance au fil des heures.

Cet ouragan s'est renforcé en catégorie 2 sur une échelle qui en compte 5, a annoncé lundi matin le centre américain des ouragans (NHC). Avec des vents soufflant jusqu'à 175 km/h, Maria, qui progresse à 19km/h dans la direction ouest-nord-ouest, menace deux grandes îles françaises des Antilles, la Guadeloupe et la Martinique, ainsi que Saint Kitts and Nevis (Saint-Christophe-et-Niévès), Montserrat (Royaume-Uni) et la Dominique. Des alertes ouragans ont été déclenchées dans ces îles, ainsi qu'à Sainte-Lucie.

Maria devrait devenir un «ouragan majeur» de catégorie 3 dans la journée de lundi, selon le NHC. La Martinique est passée lundi en alerte rouge cyclonique et la Guadeloupe s'apprêtait à l'être à midi (heure locale, 18h00 en Suisse).

A 14h00 (heure suisse), selon le NHC, l'oeil de Maria se trouvait à 135 kilomètres à l'est de la Martinique et à 195 kilomètres de La Dominique. «Maria sera au plus près» des côtes martiniquaises «vers la mi-journée», ont indiqué les autorités locales, appelant à l'arrêt de toute activité économique et des transports en commun. Tous les établissements d'enseignement et les crèches ont été fermés.

Maria pourrait atteindre «la catégorie 3 à son passage au plus près de la Guadeloupe», dans la nuit de lundi à mardi, a averti Météo France.

Lire aussi: Le bilan de l’ouragan «Irma» s’alourdit dans les Caraïbes

Vols reportés

Pour la Guadeloupe, l'organisme prévoit «des creux pouvant aller jusqu'à 10 mètres, des vents violents de 150 km/h à 180 km/h, avec des rafales jusqu'à 200 km/h, de fortes pluies pouvant aller jusqu'à 400 mm par endroits et qui se poursuivront sur toute la journée de mardi».

Les autorités de l'île française ont pressé la population «de se mettre à l'abri» et «de s'informer des conditions météo à la radio». Après les écoles, fermées lundi, administrations et entreprises doivent cesser leurs activités à la mi-journée.

Les compagnies aériennes Air France, Air Caraïbes et Corsair ont reporté des vols à destination ou en provenance de Pointe-à-Pitre et Fort-de-France prévus lundi, en raison des conditions météorologiques liées à l'ouragan Maria. Air France a annulé ses vols entre Orly et Pointe-à-Pitre, ainsi qu'entre Orly et Fort-de-France, dans les deux sens.

Pointe-à-Pitre rouvert au trafic mardi

L'aéroport de Pointe-à-Pitre va fermer lundi après-midi et les vols seront suspendus jusqu'à mardi 14h00 heure locale (12h00 en Suisse), en prévision de l'arrivée de l'ouragan Maria, a-t-on appris auprès de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). L'aéroport sera rouvert au trafic mardi, après inspection des pistes, et réservé pendant les premières heures aux vols militaires, humanitaires et médicaux, a-t-on indiqué de même source.

Lire aussi: A Saint-Barthélemy et Saint-Martin, le cauchemar «Irma» a tué le paradis

Centre logistique

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d'aide, dont des matériaux «pour couvrir les maisons et réparer des toits», à Sint-Maarten, la partie néerlandaise de l'île, dont le port a été fermé "jusqu'à vendredi", selon la Marine nationale des Pays-Bas.

Des soldats sont aussi «en route pour les îles de Saba et de Saint-Eustache», a tweeté la Marine néerlandaise lundi. Saba et Saint-Eustache ont subi moins de dégâts que Saint-Martin. Néanmoins Irma y a arraché de nombreux toits, faisant de nombreux sans-abri.

En France, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé dimanche l'envoi «de 110 militaires de la protection civile» en Guadeloupe, et rappelé qu'«environ 3000» renforts se trouvaient déjà sur place.

«Nous aurons des difficultés importantes», a-t-il reconnu, en rappelant que «la Guadeloupe était le centre logistique à partir duquel (les autorités) pouvaient alimenter l'île de Saint-Martin et organiser l'ensemble des rotations aériennes et des approvisionnements». Mais «les moyens déjà disposés vont permettre de gérer les choses», a-t-il assuré, disant aussi «pouvoir envoyer jusqu'à 400 à 500 personnes» en renfort si besoin.

Polémique

La France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont au coeur de polémiques sur les moyens mis en oeuvre après le passage de l'ouragan Irma qui a dévasté leurs territoires d'outre-mer il y a une dizaine de jours.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique sont notamment accusés d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l'ouragan, qui a fait une quarantaine de morts aux Caraïbes.

 

 

Publicité