La Mission européenne de police et de justice au Kosovo a ouvert «une enquête préliminaire» sur un trafic d’organes présumé perpétré par des maquisards kosovars, a annoncé EULEX. Cette mesure est intervenue à la suite de l’adoption par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) du rapport de Dick Marty.

«EULEX prend les accusations contenues dans le rapport de Dick Marty très au sérieux. […] Les procureurs d’EULEX ont ouvert une enquête préliminaire, qui représente un premier pas technique», a précisé EULEX dans un communiqué diffusé vendredi. «EULEX a la capacité, le savoir-faire et la juridiction pour se charger du dossier», selon le communiqué. «Nous sommes prêts, volontaires et capables d’assumer la responsabilité» de mener une enquête, affirme EULEX.

La Mission a appelé «toutes les organisations et personnes, Dick Marty y compris, à présenter les preuves dont ils disposent à propos de ces sérieuses accusations. Sans preuves, il ne peut y avoir d’enquête. Si nous recevons ces informations, nous sommes prêts à leur donner suite immédiatement», poursuit le communiqué.

EULEX a déclaré avoir «pleine confiance dans son unité chargée de la protection des témoins».

Dans une interview à la Télévision d’Etat serbe (RTS), le conseiller aux Etats (PLR/TI) Dick Marty avait lui déploré mercredi la précarité de la protection des témoins, particulièrement au Kosovo.

«J’ai parlé à des témoins directs qui ont peur de témoigner, mais je suis persuadé qu’ils parleront le jour où leur seront fournies des garanties et où leur sécurité sera assurée», avait déclaré le parlementaire suisse.

Il s’est félicité de l’adoption mercredi par l’APCE du rapport du parlementaire monégasque, Jean-Charles Gardetto, sur la protection des témoins dans les Balkans. «Ce rapport souligne l’importance de la protection des témoins, de nombreuses personnes n’ont pas répondu devant la justice car nous n’avons pas été en mesure de les protéger», a fait valoir Dick Marty.

Mardi, l’APCE a adopté le rapport du conseiller aux Etats tessinois, qui met en cause d’anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), dont l’actuel Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, dans un trafic d’organes présumé.

Ce trafic d’organes aurait été perpétré par des maquisards de l’UCK en territoire albanais sur des prisonniers essentiellement acheminés du Kosovo. Hashim Thaçi a réfuté avec force ces accusations.