Depuis qu’est retombée la poussière du cortège de voitures emmenant les présidents américain et russe à l’aéroport à l’issue du sommet de Genève, un thème s’est imposé lors des pourparlers de la Villa La Grange: la cybersécurité. Au cours de sa conférence de presse, Vladimir Poutine a cherché à dévier le tir des Américains, qui accusent Moscou de mener une guerre cybernétique contre les Etats-Unis: «La plupart des cyberattaques dans le monde sont menées à partir des Etats-Unis. Le Canada est en deuxième position et deux pays d’Amérique latine suivent. Puis vient le Royaume-Uni. La Russie n’est pas sur la liste des pays d’où viennent la plupart des cyberattaques.»

Groupe d’experts

Pour Joe Biden, sa venue au bout du Léman fut l’occasion de taper du poing sur la table. Des cybercriminels basés en Russie ont récemment lancé une cyberattaque contre le géant de la viande JBS, qui représente 30% du marché aux Etats-Unis. Mais aussi contre le pipeline Colonial, qui a privé d’essence des millions d’Américains: «Je lui [Poutine, ndlr] ai dit que nous avons des cybercapacités considérables et il le sait», précisant que Washington riposterait. Les échanges de la Villa La Grange, francs, mais non hostiles, devraient déboucher sur la création d’un groupe d’experts pour plancher sur des pistes pour atténuer l’effet de ce poison dans les relations américano-russes.