ONU

Le Pacte mondial des migrations est formellement adopté à Marrakech

Quelque 150 pays ont approuvé lundi à Marrakech le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies. Plus d’une dizaine de pays, dont la Suisse, ont rejeté ce pacte ou reporté leur décision

Le Pacte mondial sur les migrations, auquel la Suisse a décidé de ne pas encore s’associer après avoir coprésidé les négociations, a été adopté. Il a été formellement avalisé lundi matin à Marrakech en présence d’environ 160 Etats.

«Si certains pensent que le multilatéralisme concurrence la souveraineté, nous démontrons aujourd’hui qu’il est un acte de souveraineté», a dit le président de la Conférence, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourati. Plus d’une dizaine de pays, dont la Suisse, rejettent le Pacte ou ont reporté leur décision.

Berne n’était pas totalement absente lundi. Nasser Bourati et la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU ont rendu hommage à l’ambassadeur Jürg Lauber, visé par l’UDC, qui a copiloté les négociations.

Ne «pas succomber à la peur»

Soulignant les «efforts» consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne «pas succomber à la peur ou aux faux narratifs» sur la migration.

S’exprimant à l’ouverture des débats, il a dénoncé les «nombreux mensonges» à propos d’un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières.

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Ce texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une «migration sûre, ordonnée et régulière», doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies.

Un sujet qui déchaîne les passions

Près de 160 des 193 pays représentés à l’ONU étaient annoncés à Marrakech, avec une centaine d’entre eux représentés au niveau des chefs d’Etat, chefs de gouvernements ou ministres.

Lundi matin, il était encore impossible de connaître dans les détails les présents et les absents, en l’absence de toute liste officielle.

Non contraignant, le Pacte recense des principes – défense des droits de l’Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale – et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations - échanges d’information et d’expertises, intégration des migrants… Il interdit les détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l’Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l’accès des migrants à l’aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

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