L'assassinat d'un couple d'Israéliens par des activistes palestiniens a encore aggravé les tensions à trois semaines du retrait israélien de la bande de Gaza. Ariel Sharon a menacé dimanche les Palestiniens d'un «nouveau genre de ripostes» militaires. «J'ai fait savoir à la secrétaire d'Etat américaine (Condoleezza Rice) qu'il y aurait des ripostes d'un autre genre qui s'ajouteront à des mesures très dures, aussi bien pendant le retrait qu'après l'évacuation de la bande de Gaza s'il y a des attentats terroristes», a averti le chef du gouvernement israélien durant le Conseil des ministres.

L'embuscade s'est produite à l'heure même où la secrétaire d'Etat américaine concluait une tournée de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens. Ce voyage avait précisément pour but d'empêcher une escalade des violences avant le retrait de Gaza. Condoleezza Rice a appelé samedi Israël à ne pas boucler la bande de Gaza après son retrait, à l'issue de ses entretiens à Ramallah avec le président palestinien, Mahmoud Abbas. Ce dernier a condamné l'embuscade qui a eu lieu sur la route de Kissoufim, point de passage entre Israël et les colonies du Goush Katif. Les deux activistes ont mitraillé le couple en voiture avant d'être tués à leur tour.

Le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a de son côté dénoncé la responsabilité de l'Autorité palestinienne, estimant que son action contre les groupes armés «était insuffisante et venait trop tard».

L'attaque de la nuit a été revendiquée conjointement par la branche armée du Djihad islamique, les Brigades Al-Qods, ainsi que par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah, le mouvement d'Abbas, et les Comités de résistance populaire, formés d'anciens activistes du Fatah.

Hier soir, une rencontre entre le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, et le ministre palestinien de l'Intérieur, Nasr Youssef, destinée à préparer le retrait israélien de Gaza prévu à la mi-août «s'est soldée par un échec».