syrie

Palmyre, une conquête hautement stratégique

La prise de Palmyre permet à l’Etat islamique de tenir un carrefour de première importance au cœur de la Syrie

Une conquête hautement stratégique

La communauté internationale s’est émue à raison jeudi de la prise de contrôle de l’antique cité romaine de Palmyre par l’Etat islamique. Mais la conquête de la ville nouvelle et de ses environs constitue une autre nouvelle fracassante. Elle risque en effet de coûter aussi très cher au régime de Bachar el-Assad.

L’enjeu est d’abord énergétique. En vidant les lieux, l’armée de Damas a abandonné aux djihadistes deux importants champs gaziers, al-Hail et Arak, qui fournissent une grande partie de l’électricité consommée dans les principaux bastions gouvernementaux de l’ouest syrien. Cela signifie que l’Etat islamique a non seulement obtenu de nouvelles sources de revenus mais qu’il a aussi acquis le moyen d’entraver davantage les activités économiques des populations restées fidèles à Bachar el-Assad. Avec ces dernières prises, l’organisation détient désormais la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers du pays.

Continuité renforcée

Le recul est ensuite stratégique. Palmyre se dresse sur l’une des principales routes de Syrie, celle qui relie le nord-est du pays à la capitale. L’axe longe en outre le grand désert qui donne sur l’ouest de l’Irak et, par conséquent, sur de vastes étendues contrôlées par les djihadistes au-delà de la frontière. Il permet ainsi à la rébellion de conforter la continuité territoriale de son embryon d’Etat. A l’inverse, l’armée de Damas perd de plus en plus le contrôle d’une artère nécessaire au bon ravitaillement de ses troupes dans la région, notamment du côté de Deir ez-Zor, où les accrochages sont fréquents.

Par la même occasion, l’Etat islamique a consolidé ses positions vers l’ouest, sur les routes menant à Damas et à Homs, soit à la capitale et à la troisième ville du pays. Deux agglomérations dont la maîtrise est essentielle à la survie du régime. Pour toute force militaire venant de l’est, Palmyre se trouve à l’exacte intersection de ces deux axes.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) s’est livré à une estimation impressionnante. Selon ses calculs, avec la prise de Palmyre et de ses alentours, l’Etat islamique peut dorénavant se targuer de contrôler plus de 95 000 km² en Syrie. A savoir 50% de la superficie du pays.

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