Silencieux, ils comprennent que leur espoir du jour s’est envolé. Un vague balluchon à leurs pieds, des travailleurs migrants aux vêtements fatigués assistent au départ des premiers trains «spéciaux» depuis la gare de New Delhi, à la septième semaine d’un confinement extrêmement sévère en Inde. Ces trains, qui fileront à travers la plaine du Gange pour desservir leurs régions d’Uttar Pradesh, du Bihar, du Jharkhand ou du Bengale, partiront sans eux. Ils n’ont pu acheter de billets, y compris au marché noir, et comptaient sur la chance pour monter dans un wagon. Mais elle est rarement de leur côté, au fil des annonces contradictoires des autorités, des promesses de gratuité avortées et des lignes de trains annulées. Et ils regardent la file des rares passagers, «les riches», qui tirent leurs valises et pénètrent dans l’enceinte de la gare aseptisée et gardée par des dizaines de policiers.