Il faudra attendre. Saisie pour se prononcer sur la conformité du Traité de Lisbonne avec la loi fondamentale de la République fédérale, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a jugé mardi qu’il valait mieux attendre avant d’aller de l’avant pour la ratification. Cette panne ne signe toutefois pas le rejet du texte, au contraire. Les juges constitutionnels allemands confirment que le Traité de Lisbonne est conforme à la loi fondamentale, mais exigent des précisions légales. Le parlement allemand devra notamment passer une loi pour «garantir l’effectivité» du droit de vote des citoyens allemands dans le cadre de la co-décision future élargie pour le parlement européen. Une session spéciale sera convoquée pour cela le 26 août. Dans le but d’une adoption le 8 septembre.

La réaction, à Bruxelles, est donc officiellement positive. Dans un communiqué, le président sortant de la Commission européenne José Manuel Barroso s’est félicité du fait que la Cour constitutionnelle avait reconnu la «conformité» du Traité de Lisbonne. «Cette décision ouvre la voie à une ratification rapide» a poursuivi l’ancien premier ministre portugais, candidat à un second mandat.

A l’opposé, le camp des adversaires du texte reprend vigueur. Le Traité de Lisbonne est avant tout suspendu à l’organisation d’un second référendum en Irlande à l’automne, après le rejet du 12 juin 2008. Les sondages pour l’heure donnent la victoire cette fois au «oui» à près de 54%, suite aux garanties données par le sommet européen des 18 et 19 juin sur le maintien de la neutralité irlandaise et d’un poste de commissaire européen irlandais notamment. L’incertitude constitutionnelle allemande, pourrait, selon les experts, convaincre les Irlandais de ne pas changer d’avis. Les eurosceptiques notoires, comme le président tchèque Vaclav Klaus ou le président polonais Lech Kascynski, qui affirment tous deux vouloir faire la grève de leur signature nécessaire à la ratification du texte dans leurs pays, devraient aussi, sans doute, sauter sur l’occasion pour réclamer un nouvel examen parlementaire. Sans grande chance de réussite. Mais au moins pour retarder encore plus l’échéance.