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Le Panthéon, à Paris, où seront emmenés Simone Veil et son mari le dimanche 1er juillet 2018.
© Benoit Tessier/ REUTERS

Histoire

Le Panthéon, tombeau des «grands hommes» français. Et de cinq femmes

Le dimanche 1er juillet, Simone Veil entrera au Panthéon. Cette église, transformée en nécropole pendant la Révolution française, accueillera ainsi seulement sa cinquième femme

Le monument parisien du Panthéon, où Simone Veil est la cinquième femme à faire son entrée, est depuis plus de cent ans la nécropole laïque des «grands hommes» français, dont la «patrie reconnaissante» veut honorer la mémoire, selon la devise figurant sur le fronton de l’édifice.

Son mari, Antoine Veil, auprès de qui elle souhaitait reposer, est également transféré dans ce «temple» de la République. Ce sera la première fois qu’un homme fera son entrée au Panthéon en tant qu’époux.

Lire aussi: Simone Veil, la force du courage

A l’origine, une église

Au Moyen-Age, une abbaye occupait cet emplacement. A la demande de Louis XV, une nouvelle église fut construite entre 1764 et 1790.

Pendant la Révolution française, en 1791, l’Assemblée constituante transforme l’église en nécropole nationale. Le Panthéon, d’après un mot grec qui désigne l’ensemble des dieux, devient un temple destiné à «recevoir les grands hommes de l’époque de la liberté française».

Mirabeau, l’un des inspirateurs de la Révolution, est le premier à y entrer le 4 avril 1791. Il est suivi par l’écrivain Voltaire puis le philosophe Jean-Jacques Rousseau en 1794. En 1806, Napoléon rend l’édifice au culte. Les dépouilles de Voltaire et de Rousseau sont reléguées sous le péristyle. Mais, sous Louis-Philippe (1830-1848), l’église redevient Panthéon. Et le 1er juin 1885, l’inhumation de Victor Hugo restitue définitivement son «temple» à la République.

Qui repose au Panthéon?

Parmi les 80 «panthéonisés», plusieurs, comme le poète Aimé Césaire, n’ont cependant pas eu leur dépouille transférée dans la crypte. Le philosophe René Descartes attend son transfert depuis trois siècles.

Les écrivains Victor Hugo, Emile Zola (1908), le résistant Jean Moulin (1964), la scientifique Marie Curie (1995), puis l’auteur des Trois mousquetaires Alexandre Dumas (2002) ont été reçus au Panthéon lors de cérémonies particulièrement émouvantes. Les derniers «panthéonisés», en 2015, sont quatre grands résistants.

Plusieurs personnes ont été retirées du Panthéon après un revirement de la vie politique. La dépouille de Mirabeau fut ainsi remplacée par celle de Marat, personnalité radicale de la Révolution française, avant que ce dernier ne soit lui-même exclu.

Les premiers «grands hommes» féminins

Avant Simone Veil, quatre femmes ont été inhumées sous la devise, inscrite au fronton, «Aux grands hommes, la patrie reconnaissante». Sophie Berthelot, distinguée «en hommage à sa vertu conjugale», y est enterrée la première avec son mari, le chimiste et homme politique Marcelin Berthelot en 1907.

Les cendres de Marie Curie y ont été transférées en 1995 avec celles de son époux Pierre, avec qui elle partage le prix Nobel de physique, tandis qu’elle a reçu seule celui de chimie. En 2015, les deux femmes ont été rejointes par les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

Qui décide?

En 1791, c’est l’Assemblée constituante qui décide d’inhumer une personnalité au Panthéon, puis c’est la Convention, en 1794, qui prend le relais. Elle décide notamment l’inhumation de Rousseau mais aussi le retrait de Mirabeau en 1794 et de Marat. Sous le Premier Empire, la décision revient à Napoléon 1er avant d’être confiée aux députés sous la IIIe République (1870-1940).

Aujourd’hui, le choix revient au président mais la famille du défunt peut toujours refuser. En 2009, la famille de l’écrivain Albert Camus s’était ainsi opposée à la volonté du président Nicolas Sarkozy.

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